Lettres (1937-1943)

Lettres (1937-1943) (préface Serge Malausséna, André Gassiot)

À propos

« Je ne suis pas Mr Artaud mais Mr ARLAND, j'ai francisé mon nom qui est en réalité ARLANAPULOS. Je suis sujet Grec, né à Smyrne, (Turquie d'ASIE) le 29 septembre 1904. J'habite Paris depuis 1921, j'ai fait des Études en Sorbonne de 1921 à 1923-24, j'ai fourni des adresses à Mr le Médecin chef. Je suis dessinateur de profession. [.] Je me suis réfugié en Irlande, et mes papiers d'identité m'ont été VOLES à la Préfecture de Police de Dublin (DUBLIN CASTLE) tandis que j'étais interrogé sur les raisons de mon séjour là-bas. » Contrairement à certaines affirmations, Antonin Artaud n'a jamais cessé d'écrire. Mais les lettres rédigées depuis son internement d'office à l'hôpital de Sotteville-lès-Rouen en octobre 1937, puis Sainte-Anne et Ville-Evrard, jusqu'à son départ pour Rodez en 1943, semblaient perdues. Grâce à l'obstination de Serge Mallausséna, neveu du poète, ces lettres inédites ont été pour l'essentiel retrouvées dans les dossiers de l'administration hospitalière ou, au terme d'une enquête quasi policière, dans des collections privées. Rédigées à partir des asiles, elles sont, pour la plupart, destinées à alerter l'opinion. Beaucoup sont délirantes, d'autres nous relatent son vécu à l'intérieur des différents établissements psychiatriques. Elles sont adressées à toutes sortes de correspondants : des hommes politiques, des docteurs, des infirmiers, des amis du monde littéraire et artistique, à sa famille. La plupart ne sont jamais arrivées à destination, soit retenues volontairement par les services responsables, soit gardées à titre personnel par certains médecins. Elles permettent de pénétrer au coeur des obsessions d'Artaud et de ses délires, montrent son acharnement à survivre et à être entendu. Elles nous permettent de percevoir ses souffrances, et illustrent également la réalité du pouvoir psychiatrique. Ces documents exceptionnels, qui permettent de mieux comprendre l'imaginaire et fantastique discours élaboré par Artaud pour recouvrer sa liberté ou faire revivre des personnes absentes, sont aujourd'hui révélés dans leur totalité. Préface de Serge Mallausséna

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Rayons : Littérature générale > Littérature argumentative > Art épistolaire, Correspondance, Discours

  • EAN

    9782070147731

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    496 Pages

  • Longueur

    24 cm

  • Largeur

    16 cm

  • Épaisseur

    3 cm

  • Poids

    836 g

  • Distributeur

    Sodis

Infos supplémentaires : Broché  

Antonin Artaud

1896-1948 Antonin Artaud est né à Marseille dans le milieu aisé de la bourgeoisie. Son enfance est perturbée par des troubles nerveux que l'on attribue à une méningite. La douleur physique ne le quittera plus, malgré des séjours répétés en maison de santé. ÿEn 1920, il arrive à Paris et se met à écrire. Son premier recueil est refusé par l'éditeur Jacques Rivière et une correspondance commence entre eux: Artaud lui explique que son écriture est une lutte contre la pensée qui l'abandonne, le néant qui l'envahit. Rivière publiera leurs lettres dans La Nouvelle Revue française.ÿLe poète devient un moment le directeur de la "Centrale du bureau des recherches surréalistes". Au cours de cette période, il écrira des scénarios de films et des poèmes en prose.ÿIl est aussi acteur chez Dullin où il dessine les costumes et les décors; puis, à la Comédie des Champs Elysées, chez J. Hébertot. Au cinéma, il est, entre autre, Marat dans le Napoléon d'Abel Gance.ÿSurtout, il fonde avec Roger Vitrac Le Théâtre A.Jarry et de 1927 à 1929, il y monte quatre spectacles, dont Victor ou les Enfants au pouvoir. Suivent les textes et manifestes réunis dans Le Théâtre et son double. L'action au théâtre "révélant à des collectivités leur puissance sombre, leur face cachée, les incite à prendre en face du destin une attitude héroïque et supérieure qu'elles n'auraient jamais eu sans cela". (Le Théâtre et la peste). Tel est le but du "Théâtre de la cruauté".ÿEn 1936, Artaud part pour le Mexique et se rend à cheval chez les Tarahumaros pour y trouver "l'antique culture solaire"...et du peyotl. Cette quête, écrira Sollers, est "la phase capitale de sa lutte pour faire renaître un corps dans la pensée".ÿUn an plus tard, à son retour forcé d'Irlande, il sera interné pour avoir dépassé les limites établies de la marginalité. Cinquante-deux électrochocs vont achever de le briser physiquement. Au bout de dix ans, ses amis obtiennent qu'il sorte de l'asile de Rodez mais il est atteint d'un cancer diagnostiqué trop tard et meurt le 4 mars 1948.ÿHypnotisé de sa propre misère, où il a vu celle de l'humanité entière, Artaud a rejeté avec violence les refuges de la foi et de l'art. Il a voulu incarner ce mal, en vivre la totale passion, pour trouver, au coeur du néant, l'extase. Cri de la chair souffrante et de l'esprit aliéné en un homme qui se veut tel, voilà le témoignage de ce génie.ÿ"Nous ne sommes pas libres. Et le ciel peut encore nous tomber sur la tête. Et le théâtre est fait pour nous apprendre d'abord cela." (A. Artaud)

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