Les commandes sur le site internet sont suspendues jusqu'au : 01/05/2021

  • Irkoutsk en Sibérie, les années 2000 : une jeune fille russe est violée par un Caucasien. Et parce que la justice des hommes ne pourra pas lui rendre son honneur, la mère, Tamara Ivanovna va se venger elle-même. Geste désespéré, le châtiment de Tamara trouve son écho dans les mésententes et les préjugés des êtres pris dans la tourmente du destin. Au fil des pages, le roman fouille la douleur et la blessure profonde d'une femme et d'une famille, l'impuissance des hommes, dans une société marquée par le sceau de l'Histoire. Conte moderne aux accents tragiques, L'Honneur de Tamara Ivanovna est aussi une vision de la Russie d'aujourd'hui, avec sa morale pessimiste d'un monde chaotique sans règles, et dans lequel on ne se reconnaît guère. Avec son profond humanisme et sa voix singulière, la valeur du roman tient indéniablement à son style dosant habilement les tournures anciennes et le parler populaire. Ce qui fonde un peuple c'est sa langue, et Valentin Raspoutine démontre qu'il sait tirer parti avec talent de sa richesse.

  • L'adieu à l'île Nouv.

    Le Siècle rouge de la littérature russe - une collection de chefs-d'oeuvre écrits entre l'entre-deux-guerres et la fin de l'URSS, à mettre entre les mains de chaque lecteur. Les auteurs, à la jonction entre littérature devenue déjà classique et littérature contemporaine, abordent des sujets universels et intemporels, les rendant plus actuels que jamais. Ces noms sont parfois déjà bien connus du lecteur français. Cette collection est l'occasion unique de se plonger dans une littérature si libre pourtant écrite durant une période qui enfermait toute idée créatrice et indépendante.

    Le premier livre de la collection : un roman du grand Valentin Raspoutine Nicole Zand (Amalric), critique littéraire au Monde, écrivait à propos de Valentin Raspoutine qu'il était « l'un des écrivains les plus importants de sa génération ». Son roman le plus retentissant, L'Adieu à l'île, est l'histoire de la fin d'un village insulaire sibérien, sur le fleuve Angara, condamné à disparaître sous les eaux pour la construction d'un barrage hydroélectrique. L'auteur décrit, avec acuité et finesse, comment les Sibériens, contraints à l'évacuation, s'accrochent de manière tragique à leur terre. Par ce biais, il lève le voile sur les lignes de fracture qui divisent la société soviétique dans les années 1970, entre monde rural et traditionnel et monde moderne et industriel. Ces différences séparent également les générations et remettent en cause le sens de toute chose : qu'est-ce que le changement lorsqu'il est perçu par certains comme un progrès lorsqu'il est, pour d'autres, une catastrophe ? Car il est impossible de sauver le village : nul ne peut tromper la mort. Que faire alors ? Il n'existe qu'une solution pour Valentin Raspoutine : écrire. Comme souvent dans la littérature de l'Est, l'humour occupe également une place importante dans ce récit, notamment grâce à des personnages inoubliables, comme les femmes de ce livre, qui vont des larmes au rire, en passant par la colère et le désespoir, bafouant bureaucrates et fonctionnaires qu'elles jugent inutiles, têtus, si ingénieux lorsqu'il s'agit de détruire l'impalpable. À travers elles, le lecteur est déchiré, lui aussi, à l'idée de quitter l'île, ce lieu que l'on aime, pour y avoir vécu, dans lequel se sont accumulés tant de souvenirs, les bons, les mauvais, ce lieu que l'on connaît tous et auquel certains ont dû dire adieu. À travers ce roman, ce sont des sujets universels et poignants qui sont abordés, qui touchent chacun de nous et dépassent largement les frontières. Et c'est en cela que l'on reconnaît la marque d'un grand écrivain, issu de cette talentueuse génération d'auteurs russes.

empty