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  • Péninsule pour s'employer dans l'agriculture de ses campagnes dépeuplées. Près de 80 000 Italiens s'établissent ainsi dans la région où ils deviennent une composante essentielle de la société locale. Originale- par son mode d'implantation et ses caractéristiques sociologiques, cette population rencontre un Midi encore très rural, tandis que le contexte politique est marqué par les clivages nés du Liscisme et l'aggravation des tensions internationales.
    Retracer l'histoire de cette immigration, c'est dire aussi la façon dont celle-ci est reçue et perçue, depuis les premières arrivées au début des années vingt jusqu'au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Acceptation et crispations, visions stéréotypées et nouveaux liens de voisinage, sentiment de proximité et perception de l'altérité : autant de figures contrastées au travers desquelles on voit se transformer l'histoire des relations entre ces Français et ces Italiens désormais amenés à vivre ensemble.
    Evolution complexe, dont le présent ouvrage s'efforce de mettre à jour les mécanismes, tout en orant, par- delà l'examen d'un cas particulier, un modèle général pour l'étude des vicissitudes de l'opinion publique et de ses représentations croisées Lice à un phénomène migratoire.

  • Ces dernières décennies ont vu s'engager une profonde relecture de l'apport des immigrés aux sociétés contemporaines et, singulièrement, à la société française. À l'échelle nationale, une abondante bibliographie existe qui permet d'aborder les différentes phases de l'immigration contemporaine comme les grandes questions que recoupe cette thématique. De même qu'on trouve beaucoup d'études spécifiques et de monographies locales sur telle ou telle vague migratoire ou sur une population particulière inscrite dans un espace défini (département, localité, ville, quartier). Mais on ne disposait pas de vraies synthèses régionales ; la dimension régionale de l'histoire de l'immigration restait un parent pauvre de l'historiographie constituée par plusieurs générations de chercheurs.
    C'est pour pallier cette relative lacune qu'un programme d'étude à vocation nationale a été réalisé sur l'histoire et la mémoire des immigrations en région. Afin d'avoir une vue d'ensemble et dans la durée des processus sociaux-historiques en cause, mais dans la singularité propre à chaque entité territoriale. L'initiative en revient à l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (ACSÉ) qui a commandité cette opération, en lien avec la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) et sous la coordination scientifique d'une équipe de l'EHESS dirigée par Gérard Noiriel. C'est ainsi qu'une étude intitulée « Histoire et mémoire des immigrations en région Midi-Pyrénées » a été réalisée presque deux années durant.
    Le présent ouvrage est le résultat de ce travail et de cette volonté d'en partager l'acquis auprès du public.

  • Migrations et immigration au musée. Le mouvement est international. Car ce nouveau sujet d'exposition recouvre de nouveaux questionnements autour de l'identité collec­tive des sociétés contemporaines. Aux Etats-Unis, au Canada, en Australie ou en France, comment des institutions spécifiques abordent-elles l'histoire de l'immigration ? Comment la rattachent-elles au fait national ? Quel dis­cours d'inclusion tissent-elles ? Quel imaginaire social les traverse ? Rencontrant les mémoires de migrants, la muséographie devient moyen de reconnaissance, vecteur de visibilité. Musée réceptacle d'une communauté ethni­que. Musée virtuel documentant en ligne le passé d'une ville d'immigrants. Politique d'exposition sur la diversité des mémoires à l'échelle d'un espace régional... Autant d'expé­riences mises ici en perspective par des universitaires et des conservateurs français et étrangers. Mais ces thèmes n'émergent pas sans débat ni dissensus. Et ce qui se joue à cette occasion gagne à être évoqué au regard d'autres héritages conflictuels. D'où les analyses sur les limites de la prise en charge patrimoniale de l'esclavage aux Antilles, le point de vue indigène dans les « sociétés de colons », ou les affrontements mémoriels à propos du passé colonial français. Enfin, c'est hors des murs du musée qu'il faut regarder. Car c'est aussi par l'action cultu­relle au sens large que passent de tels enjeux. Du travail d'associa­tions de terrain pour promouvoir les mémoires de « l'autre » ou des « Suds » auprès du grand public, jusqu'aux projets en gestation à l'échelle européenne autour du patrimoine des migrations.

  • Italiens - 150 ans d'émigrations en France et ailleurs, ce livre collectif de 500 pages est composé de textes inédits de chercheurs et d'articles repris de la revue Radici. Organisé par Laure Teulières, il compose une fresque unique, en direction de tous les publics intéressés par un des grands phénomènes migratoires de l'ère contemporaine.

    " [.] À feuilleter cet ouvrage kaléidoscope, on voit qu'il donne une place exceptionnelle aux photographies anciennes. Ces sources ont en effet leur force propre et constituent une trace inestimable. Quant aux contributions écrites, c'est à la lecture qu'on en découvre la saveur. En tant que coordonnatrice de l'ensemble, je remercie très chaleureusement les différents auteurs qui y ont contribué. C'est grâce à leur talent et leurs connaissances que l'on peut espérer restituer au plus grand nombre, au plus large public, un aperçu de cette histoire.

    La France a été façonnée par l'immigration depuis plus d'un siècle. Bon nombre de Français ont d'ailleurs des origines étrangères. Après avoir longtemps été enfoui, négligé, le temps semble venu pour cet apport immigré de refaire surface. Le souci des racines, en ce sens, ne découle pas d'une démarche passéiste. C'est plutôt la reconnaissance de la richesse qu'il peut y avoir à se réclamer d'une double appartenance. Entre expatriation et enracinement, les émigrés-immigrés ont fait naître un lien franco-italien tout particulier. Et ce lien ne demande qu'à vivre.

    D'autant que l'histoire semble s'inverser aujourd'hui sous nos yeux, et c'est cela aussi que nous avons voulu souligner dans un dernier chapitre. Les paquebots transatlantiques qui, au début du siècle passé, amenaient des cargaisons d'Italiens pauvres tenter leur chance outremer ont laissé place aux périlleuses embarcations qui traversent la Méditerranée parce que d'autres jeunes cherchent à leur tour les moyens de vivre. Car c'est maintenant la Botte qui fait figure d'Eldorado pour des étrangers originaires des Balkans, du Moyen-Orient, d'Afrique ou d'ailleurs.

    À l'heure où l'Italie, après la France, est devenue à son tour terre d'accueil - et souvent d'ostracisme -, se souvenir du parcours des migrants d'hier importe donc aussi pour le présent. " Laure Teulières

  • "«Une forteresse inaccessible »... Combien d'auteurs ont-ils repris à leur compte cette métaphore pour dépeindre le massif du Vercors ? Lancée par les excursionnistes au XIXe siècle, la formule est devenue un lieu commun.
    Convoquer la figure de l'étranger dans un univers où il n'est pas spontanément pensé, et souvent oublié, contribue à revisiter la représentation d'un territoire finalement ouvert et bigarré. Au cours du XXe siècle, en particulier durant la Seconde Guerre mondiale, on y trouve en grand nombre des migrants économiques, mais aussi des réfugiés politiques de toute l'Europe, des Juifs persécutés, des coloniaux (tirailleurs africains ou bûcherons indochinois), puis des prisonniers de guerre allemands participant à la reconstruction... D'où les mille chemins de ces étrangers vivant au contact de la population locale, certains s'illustrant dans la Résistance.
    Si l'approche est centrée sur le Vercors, c'est en lien à d'autres espaces... Rhône- Alpes bien sûr, mais aussi en direction de l'Italie ou de l'Espagne. Autant d'éclairages sur une réalité conditionnée par des mobilités de tous ordres et des effets de réseau.
    Rassemblant des historiens reconnus, de jeunes chercheurs, des artistes ou des témoins, les contributions dressent un panorama inédit. L'ouvrage ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour oeuvrer à la reconnaissance de la diversité des mémoires en temps de guerre.
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  • Depuis toujours, des travailleurs venus d'ailleurs se sont installés, au gré des nécessités économiques, dans les régions de France.
    Leur histoire fait partie de la mémoire collective. Ce livre réunit les portraits d'ouvriers immigrés de la région Midi-Pyrénées, sur trois générations, photographiés par les deux photographes spécialisés dans le documentaire que sont Gilles Favier et Sara Jabbar-Allen. De brefs récits de vie accompagnent les images. Un DVD rassemble des portraits radiophoniques.

  • À la croisée de l'histoire de l'art et de l'histoire sociale, le recueil envisage les circulations d'artistes et d'artisans relevant des métiers d'art. En suivant les parcours individuels de ces créateurs, et parfois leur destinée collective sur plusieurs générations, c'est la nature des dynamiques sociales et culturelles existant ainsi en contexte migratoire qui est appréhendée. Le dossier s'attache en effet à replacer ces parcours au sein des réseaux qui permettent de comprendre à la fois l'inscription sociale spécifique de ces artisans itinérants, leur vécu migrant voire diasporique, et également bien sûr le développement de leurs pratiques artistiques. L'effet de ces mobilités se repère à plusieurs échelles (géographiques comme temporelles) en croisant l'analyse des techniques et des savoir-faire à celle des productions et des oeuvres ; c'est ainsi qu'on peut, par exemple, reconsidérer l'utilisation et l'appropriation de certains gestes ou préparations, tout comme, dans une dimension stylistique ou iconographique, l'apparition, la diffusion ou l'altération de certains motifs.

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  • Trois-quarts de Toulousains venus d'ailleurs, 20000 nouveaux venus chaque année : l'aire urbaine toulousaine est celle qui se développe le plus vite en France. Toulouse ville rose, où l'on parle rugby, où l'on cultive l'accent, où l'on mange du cassoulet, où l'on s'ensoleille aux terrasses... certes. Mais aussi terre d'accueil des Italiens antifascistes, des républicains espagnols, des rapatriés d'Afrique du Nord, des immigrés portugais et maghrébins, des étudiants africains, des réfugiés afghans, des Allemands d'Airbus ou des Parisiens en quête de qualité de vie. Dans cet ouvrage, Mouss, le chanteur de Zebda, Guy Novès, l'entraîneur du Stade toulousain, ou Kader Arif, député européen, témoignent d'une diversité active. Au fil des rencontres, se dessine le portrait d'un village-monde, où le vivre ensemble n'est pas un vain mot, une ville à découvrir, au fil de promenades au coeur de la Toulouse arabe, latino ou anglo-saxonne. Pour tous les nouveaux venus, parfois un peu perdus, pour tous les anciens en quête d'un oeil neuf sur leur ville, une plongée dans la Toulouse d'ailleurs, la Toulouse d'aujourd'hui.

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