Nouveau Monde

  • En plaçant la notion de « transition matérielle » dans une perspective historique, cet ouvrage collectif entend donner un éclairage nouveau à un terme aujourd'hui omniprésent dans les discours médiatiques et politiques.
    Les auteurs confrontent ainsi le concept de transition à des processus de reconfiguration des équilibres techniques, que ce soit par la concurrence de différents systèmes ou par l'élaboration de diagnostics de sortie de crise.
    Fondé sur des études de cas, allant des débats sur la nécessité de trouver une source d'énergie alternative au bois sous l'Ancien Régime à ceux contemporains sur les énergies renouvelables en passant par l'évolution des aménagements portuaires et l'arrivée des réseaux numériques, cet ouvrage propose un regard d'historien sur les processus de passage d'un système technique à un autre et sur les discours d'anticipation sociale ou de formulation de diagnostics qui les accompagnent.
    Cette réflexion collective novatrice donne une profondeur diachronique à des enjeux récurrents des sociétés européennes, celles des transitions matérielles.

  • « Les vainqueurs sont ceux qui écrivent l'Histoire » affirme-­-t-­-on souvent pour aborder de manière critique un récit imposé par le camp victorieux aux vaincus de l'Histoire.
    Ce bel objet de l'historiographie a été longtemps négligé ou bien abandonné aux seuls historiens du fait militaire.
    Or on sait bien que la guerre ne s'achève pas avec la victoire ou la défaite proprement dite mais que la guerre - et les expériences de guerre - affecte les identités sur le plus long terme, qu'elle transforme les structures politiques, économiques, sociales et culturelles, que la défaite est conscientisée et pensée parfois pendant la guerre, mais plus largement après ;
    Et il s'agit de comprendre comment les sociétés gèrent dans le temps la mémoire de la guerre et de la défaite et quels usages elles en font.
    L'Europe a été au cours de ces deux derniers siècles le théâtre des guerres napoléoniennes, de guerres multiples entre nations, de guerres civiles aussi.
    S'y est déroulée une grande part des opérations des deux guerres mondiales.
    Le continent a aussi été divisé pendant plus de quarante ans par une « guerre froide » qui a eu, en constellations mouvantes, ses vainqueurs et ses vaincus.
    Mais l'Europe du XXe siècle a été également marquée par ses défaites hors d'Europe, qui ont puissamment affecté les mentalités et les sociétés du « vieux continent ».
    Les défaites coloniales - les guerres de décolonisation - ont contribué à renforcer un discours de déclin, voire à cristalliser une conscience de « vaincu » qui s'alimente aujourd'hui dans le discours et le ressenti de tous ceux qui se sentent laissés en marge de la globalisation et dépassés par la nouvelle accélération de l'histoire.
    Penser la défaite par-­-delà la guerre devient un nouveau défi de l'historien contemporain.
    Si la défaite reste aujourd'hui un objet très actuel, c'est sans doute en raison de la mutation des rapports vainqueurs/vaincus à la guerre et à l'histoire.

empty