Des Equateurs

  • « Je vais accoucher au milieu d'un désastre. Me perpétuer en pleine mort. Donner la vie quand la nuit nous pétrifie. La vie va sortir de moi dans une ville meurtrie. Dans la nuit du 13 novembre 2015, un attentat a tué à Paris cent trente et une personnes et en a blessé près de cinq cents autres. La vie tape dans mon ventre pendant qu'on entasse les corps. Je nage à contre-courant. Je porte une fille quand des mères pleurent leur enfant. Je me régénère alors que Paris est à sang. Aucune trace en moi d'un esprit de révolte : je n'ai pas décidé d'enfanter pour m'épargner la mort ni créer du renouveau. Être fertile pour faire peau neuve, non. Je ne me demande pas pour quel monde mettre au monde. La vie est déjà en moi. Elle bat obstinément depuis huit mois. Que reste-t-il en nous quand, au plus intime, la vie et la mort se sont livré bataille ? ».

    Ce livre est le fruit de plus de quatre ans d'enquête, d'une cinquantaine d'entretiens menés entre Bruxelles et Paris, et d'une quête personnelle. Dans ce « roman vérité » selon l'expression de Truman Capote, Etty Mansour a exploré la dimension psychologique de Salah Abdeslam, seul survivant parmi les terroristes du 13 novembre, en s'entretenant avec ses proches, notamment sa fiancée, son avocat belge, une sociologue molenbeekoise et une psychanalyste clinicienne qui exerce en prison auprès de détenus pour terrorisme islamiste. Au-delà de l'itinéraire biographique de Salah Abdeslam, elle a cherché des clés de compréhension sociale, historique, idéologique et religieuse en se rapprochant d'éducateurs sociaux, d'un historien, d'un juge et d'une policière de l'antiterrorisme, d'un imam et d'un rabbin.
    Si l'exercice du droit est indispensable à une société meurtrie par des attaques terroristes de cette ampleur - depuis la Seconde Guerre Mondiale, l'Europe n'avait pas eu à faire face à un tel niveau de violence - la littérature peut, à sa manière, aider à transformer la terreur dont nous avons été la cible. Elle peut permettre de comprendre, de l'intérieur, ce qui nous est collectivement arrivé. Cette conviction a guidé le travail d'Etty Mansour et lui permet d'éclairer la trajectoire du seul terroriste encore en vie, à mettre des mots sur son silence qui est, à ses yeux, le nouveau piège qu'il nous tend.
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  • Françoise Hardy est l'une des chanteuses les plus littéraires et iconiques. À la fois auteure et compositrice, elle a réuni dans ce livre attendu toutes les chansons qu'elle a écrites en plus de 55 ans de carrière. De 1962, année de Tous les garçons et les filles à 2018, année de l'album Personne d'autre, Françoise Hardy pose un miroir le long de son chemin musical. Des textes qu'elle accompagne d'un commentaire, d'une anecdote, d'un souvenir. Elle raconte les sources de son inspiration, le cadre de son écriture, évoque les personnages qui comme de bonnes fées se sont penchées sur ses textes. L'amour, l'attente, le manque en sont le thème central. « Depuis longtemps maintenant, je pense qu'il importe davantage d'aimer que d'être aimé, et tant mieux s'il existe une vraie réciprocité "l'amour n'est souvent qu'un immense égoïsme" a écrit le grand écrivain Sandor Marai. » Dans ce livre où l'on croise des personnalités hors-norme comme Jean-Marie Périer, Etienne Daho, Véronique Sanson, Michel Berger, Serge Gainsbourg et bien-sûr le grand Jacques Dutronc, on rit, on pleure, on se souvient, on s'aime et on danse. Car le ton piquant, sensible alerte, souvent drôle de Françoise Hardy fait de ce recueil totalisant d'une vie un éloge de la vie.

  • "Elle aimait les voyages, la vitesse, le tennis, les fêtes de famille et les soirées parisiennes. Elle rêvait d'être comédienne et de voir les États-Unis. Elle a traversé le siècle, la Seconde Guerre, les épreuves de la vie. Elle a enduré la solitude et les deuils avec une conviction chevillée au coeur : en toutes circonstances, il faut faire bonne figure et garder le sourire. A 95 ans, après une énième chute, Suzanne s'est résignée à s'installer dans une Ehpad, un établissement pour personnes âgées dépendantes. Infantilisée, humiliée parfois par un personnel débordé, elle s'étonne de ne bénéficier que d'une douche par semaine, trouve les journées bien longues et la nourriture immangeable. Depuis qu'elle a quitté son domicile, elle a perdu vingt kilos et moi, quelques grammes d'humour car Suzanne, c'est ma grand-mère." F.P.
    Dans ce récit poignant, Frédéric Pommier explore la mémoire d'une femme lucide et battante, emblématique de sa génération. Il interroge la manière dont sont traités nos aînés, mais aussi les soignants. Avec humour et tendresse, il nous plonge dans une histoire d'amour et de transmission où, en dépit des drames et de la violence, triomphent le rire et la passion.
    Frédéric Pommier est journaliste à France Inter.

  • William est une autobiographie qu'on ne lâche plus dès la première ligne. Elle révèle un écrivain véloce, d'une rare sensibilité, qui ne craint pas l'aveu sans jamais se départir de la pudeur des grands artistes. Un document exceptionnel, grand public.
    Une enfance marquée par un secret, l'identité de son père, et un double enracinement : le Paris des années 50, des 4 CV et l'Amérique des Cadillac, car sa mère Paulette tombe amoureuse d'un Américain qui travaille dans des boîtes de jazz : long séjour dans l'Ohio à deux heures de route du Michigan où vit le père naturel de William, sans qu'il le sache alors.
    Une prédisposition évidente pour la musique, le piano. Un éducation musicale prodiguée par Yves Margat, un maître de l'harmonie, élève de Fauré. Et puis l'influence de la musique pop anglaise.
    Les premières auditions, le succès planétaire de My year is a day dont il compose la musique, la rencontre avec Barbara pour qui il travaille et chez qui il vit, et puis une femme, deux enfants. Une vie de père de famille et de vedette du show-biz qui sait choisir ses amis : folles expéditions avec Nicoletta et Patrick Juvet à Trouville, si importante dans la géographie zigzagante. Les nuits de folie, la cocaïne, l'ambiguïté sexuelle.
    C'est une vie qui va vite, constellée d'étoiles et d'astres déchus. Et une oeuvre admirée par toutes les générations de Véronique Sanson, à Jeanne Cherhal.

  • Ce sont des "anonymes" soudain devenus célèbres. Des gens ordinaires que l'actualité a propulsés, parfois malgré eux, sur le devant de la scène. Des héros et héroïnes des temps modernes, des phénomènes, des victimes, des rebelles, des audacieux, des courageux et des courageuses. Une miraculée de l'Himalaya, un chômeur sommé de "traverser la rue", une étudiante qui a tenu tête à son harceleur, un tranquille retraité pris pour un assassin, un sans-papier qui s'est mué en Spiderman, une Bretonne jaune de colère, un écolo qui se perche dans les arbres pour leur sauver la vie...
    Avec humour et son sens tout particulier de l'humain, Frédéric Pommier raconte leurs histoires. Il raconte aussi notre époque.

  • Pendant trois ans, Gulbahar Haitiwaji a enduré des centaines d'heures d'interrogatoire, la torture, la faim, la violence policière, le bourrage de crâne, la stérilisation forcée, le froid, les nuits sous le néon d'une cellule, les mécanismes de la destruction humaine.

    Née dans le Xinjiang, la province des Ouïghours en Chine, Gulbahar vivait en France depuis de longues années quand, un matin de novembre 2016, sa vie a basculé au cours d'un voyage dans sa terre d'origine.

    Ce qu'elle a vu, entendu, vécu dans les entrailles du système concentrationnaire chinois est terrifiant.

    Aujourd'hui, plus d'un million de Ouïghours a été déporté dans des camps de « rééducation » par le Parti communiste chinois, qui prétend lutter contre « le terrorisme, l'infiltration et le séparatisme ». Les Xinjiang Papers, révélés par le New York Times en novembre 2019, dénoncent une répression s'appuyant sur une détention de masse, la plus foudroyante depuis l'ère Mao. Ces camps sont à la Chine ce que le Goulag était à l'URSS. Les Ouïghours subissent un génocide : nous ne pourrons pas dire, cette fois, que nous nous ne savions pas.

    Sauvée grâce aux tractations acharnées de sa fille et du quai d'Orsay, Gulbahar est la première rescapée des camps chinois à témoigner. Sa voix est essentielle. En publiant ce livre, elle prend des risques terribles pour elle et sa famille restée au Xinjiang.
    Un récit de vie brûlant, historique, auquel l'Occident ne peut rester insensible.

  • « Quand on arrive en Seine-Saint-Denis pour exercer une fonction telle que la mienne, l'envie de prendre les choses en main vous saisit immédiatement. De même qu'une sorte de vertige en mesurant l'investissement nécessaire. » Procureure de la république de Seine-Saint-Denis, avec une équipe de cinquante-sept magistrats, Fabienne Klein-Donati livre un combat quotidien contre les faits de délinquance qui rongent le département. Les affaires dont son parquet a la charge nous font plonger avec effroi dans la criminalité rencontrée par d'autres villes, mais rarement de manière aussi concentrée et avec la même intensité : multiplication des agressions gratuites, violences faites aux femmes et aux enfants, rixes, trafic de stupéfiants et son cortège de nuisances, exploitation de la misère par les marchands de sommeil, délinquance des mineurs. Face à ces phénomènes, la procureure montre de façon inédite l'autorité judiciaire en action. Du plateau de permanence, où les dossiers en cours sont traités en temps réel, aux salles d'audience correctionnelle ou d'assises, des scènes de crimes aux réunions avec les partenaires publics et associatifs, elle décrit l'engagement des magistrats du parquet dans la répression, mais aussi dans la prévention des infractions. Deux enjeux fondamentaux. Poursuivre est un récit immersif, addictif, au coeur du plus important parquet de France, après celui de Paris. Un tableau vertigineux de la criminalité française.

  • La mise en oeuvre d'un revenu universel d'existence et la promotion de l'écologie sociale sont les deux réponses les plus adéquates pour surmonter les crises que nous traversons et assurer la relève de notre société. L'alternative au statu quo ou au repli nationaliste sous le seul prétexte de reconstituer une souveraineté industrielle disparue, est l'écologie sociale. Il faudra engager une transition écologique et énergétique radicale au niveau européen et permettre le changement d'échelle de l'économie sociale et solidaire. Mais le passage à une autre société plus tempérante, plus respectueuse des personnes et de l'ensemble du vivant suppose que nous changions aussi notre regard sur le travail. Reconnaissons que notre société s'est lourdement trompée en préférant systématiquement les biens aux liens, la valeur économique à la valeur sociale. Dans plusieurs pays occidentaux, la proposition d'un revenu universel d'existence ou d'un revenu de base est réapparue avec la crise du Covid. La réponse sociale française est insuffisante et reste arrimée aux cendres d'un monde qui se consume sous nos yeux. L'accès au chômage partiel est conditionnel et de surcroît réservé aux salariés. Il est loin de couvrir les besoins de tous, notamment des indépendants, dont la propagation de l'épidémie et les décisions de confinement du gouvernement ont brutalement réduit les revenus à néant. Un revenu universel et inconditionnel réparerait cette injustice. Qui peut affirmer que d'autres crises sanitaires mondiales liées aux conséquences écologiques du néolibéralisme n'auront pas lieu à court terme ? S'il faut bien sûr prévenir ces crises en reconstituant une réponse sanitaire efficace, il faut nous prémunir de leurs conséquences économiques et sociales tragiques. Le revenu universel et inconditionnel est l'antidote social à la répétition de ces crises sanitaires. Il est enfin un outil incomparable d'émancipation. On peut aujourd'hui avoir un emploi et un salaire sans vivre décemment, sans être véritablement libre ni maître de son destin. En libérant chacun d'une dépendance exclusive au revenu qu'il tire de l'emploi, le revenu universel donne une capacité de négociation et de choix à chaque individu. En ce sens, il permet l'exercice d'une citoyenneté intégrale, y compris dans l'ordre économique. L'émancipation sociale passe par cette pratique individuelle de la liberté. Nous ne fabriquerons pas de société plus coopérative, moins égoïste et moins cupide sans donner davantage d'autonomie et de liberté à chaque citoyen.

  • "Me demandant ce qui le rendait encore aussi passionnant à lire plus d'un demi-siècle après sa mort, je me suis aperçu qu'au-delà de son style littéraire et de son esprit souvent visionnaire, c'est sa brutale honnêteté qui conserve toute leur force à ses textes. Il regarde les choses en face. Non pas de façon froide et dépassionnée, mais au contraire en s'impliquant le plus totalement possible. «Sa dénonciation de l'impérialisme et du colonialisme, de la pauvreté et du capitalisme est d'autant plus efficace qu'il en connaît les mécanismes de l'intérieur. Quand il s'engage dans la guerre d'Espagne en 1936, c'est un peu comme si un intellectuel occidental contemporain partait se battre contre les Serbes à Sarajevo ou contre l'État islamique en Irak ou en Syrie. «J'ai réalisé, en allant sur les lieux où se sont déroulés les principaux événements de la vie d'Orwell, à quel point ils avaient été formateurs dans sa carrière d'écrivain. Du collège d'Eton, le bastion de l'élite britannique, où il est boursier jusqu'à l'île écossaise de Jura, où il use ses dernières forces à écrire 1984, en passant par la Birmanie où il est un rouage de l'impérialisme, les taudis de Manchester et de Paris, le front de la guerre d'Espagne et la Barcelone des luttes intestines de la République espagnole, on découvre comment la vie et les expériences d'Orwell inspirent et irriguent en permanence son oeuvre.» A. J. Adrien Jaulmes est grand reporter au Figaro, lauréat du prix Albert-Londres en 2002 et du Prix Bayeux des Correspondants de guerre en 2007, il est l'auteur d'Amérak et a préfacé Le Monde en 2035 vu par la CIA, publiés aux Éditions des Équateurs.

  • Il a été commandant d'aviso et de frégate, directeur du service de recrutement et du centre d'études stratégiques de la Marine. Aujourd'hui, le vice-amiral Loïc Finaz dirige l'École de guerre. De cette expérience militaire, tournée aussi vers le monde civil, il a tiré un traité sur la liberté et les vertus du commandement. Sept piliers soutiennent l'esprit d'équipage : autonomie et solidarité ; fonctions et responsabilité ; hiérarchie et participation ; exigence et bienveillance ; énergie et culture ; intelligence et courage ; parole et temps. Ces fondamentaux sont aussi ceux de l'esprit d'entreprise et d'un monde économique sensé. Quelles sont les étapes pour devenir un chef intelligent et bienveillant ? Quelles leçons tirer de la guerre, de la confrontation avec la mort, de l'héroïsme ? Pourquoi est-il nécessaire de penser autrement ? Avec finesse et poésie, en nous invitant à prendre la mer, Loïc Finaz nous livre sa sagesse combative du commandement.

  • Pendant de nombreuses années, nous avons observé les belles-mères comme d'autres étudient la médecine ou collectionnent les timbres. Nous les avons écoutées et restituons aujourd'hui avec humour leurs exigences parfois farfelues. Ce guide, publié pour la première fois en 1937, vous aidera à remplir votre rôle à la perfection.

  • C'est un voyage au bout de la nuit et au bout de la vie. Une odyssée intime dans le dédale de la souffrance, de la maladie. Un purgatoire contemporain, quotidien, qui est le propre de la condition humaine.
    En mars 2015, Françoise Hardy a été hospitalisée à la suite de la dégradation de son état de santé dû à un lymphome de Malt. Dans la spirale infernale, elle se fracture la hanche et le coude pendant son hospitalisation. Plongée dans un coma artificiel, elle sera donnée pour condamnée par les médecins. Presque morte. Se produit un miracle grâce à une thérapie de la dernière chance. Dans un combat contre l'ange, la vie reprend le dessus. Une renaissance.
    Françoise Hardy a choisi d'écrire sur cette hospitalisation, ce coma artificiel. Elle essaie de revivre consciemment ce qu'elle a vécu inconsciemment. Son récit n'est ni une vallée de larmes ni un chemin de croix. Avec subtilité, humour, elle retrace ce voyage entre vie et mort, rêves, cauchemars et réalité. L'écriture est déliée et élégante.
    En lectrice de Stefan Zweig, Françoise Hardy refuse toute pitié dangereuse. Ses proches, ses amis, son fils, son mari sont là, autour d'elle. Et Françoise Hardy va à l'essentiel. Elle exprime son admiration pour les personnels soignants, les valeurs essentielles à ses yeux comme la discrétion, la modestie, le pragmatisme. Les masques tombent. L'hypocrisie, les faux-semblants sont repoussés. Avec beaucoup d'humour, de distance et de dérision sur elle-même, Françoise Hardy signe un grand livre sur une épreuve au coeur de l'humanité, qui nous concerne tous. Un récit captivant impossible à lâcher.

  • Contrairement à Dantzig abandonnée autrefois à Hitler, Kobané symbolise une résistance réelle, celle des Kurdes contre ce nouveau totalitarisme : l'islamisme radical - sans doute la plus grande barbarie enfantée par le début du XXIe siècle. Pour les djihadistes de Daech, habités par la haine de tout ce qui ne leur ressemble pas, l'idée même de démocratie doit disparaître à jamais. Celle-ci est au coeur du mouvement révolutionnaire des Kurdes de Syrie qui combattent l'État islamique pour en faire vivre les valeurs essentielles : liberté individuelle et collective, égalité homme/femme, laïcité, respect des minorités, justice économique. Deux visions opposées de l'homme et du monde s'affrontent dans ce roide morceau du Moyen-Orient.
    Mourir pour Kobané est le récit de deux années de compagnonnage avec les Kurdes de Syrie. Un récit de terrain, engagé, à hauteur d'homme, volontairement trempé dans le seul « savoir de la chair ». Au-delà des concepts et théories, au-delà de ce qui ne peut être dit encore, il veut donner à voir et comprendre le quotidien saisissant d'un peuple luttant sans esprit de recul pour des valeurs identiques aux nôtres.
    Une guerre qui, comme à Dantzig autrefois, nous concerne tous.

  • Jamais l'Histoire n'a connu de telles accélérations qu'aujourd'hui. Il nous faut des instruments précis pour comprendre et décrypter le monde des vingt prochaines années. C'est l'objectif de ce Rapport du Conseil National du Renseignement qui fournit analyses et perspectives à la CIA. Pour mener ce travail impartial et sans tabou, 2500 personnes de tous horizons (stratèges, chercheurs, économistes, spécialistes du renseignement et de la prospective) ont été interrogées.
    Intitulé le « Paradoxe du progrès », ce Rapport vient d'être remis au président Trump. Malgré leurs formidables opportunités économiques et technologiques, jamais nos sociétés n'ont été menacées par autant de périls. Nous vivons dans un monde de plus en plus intégré et interdépendant. Comment les États-Unis dirigés par Donald Trump exerceront-ils leur leadership ? La Russie demeurera-t-elle agressive si son économie faiblit ? Comment l'Europe va-t-elle affronter sa crise d'identité et la montée des populismes ? Les classes moyennes des pays développés vont-elles continuer de s'appauvrir ? Dans les vingt prochaines années, la population chinoise continuera à vieillir et l'Afrique connaîtra la croissance démographique la plus élevée au monde. Les entreprises privées enverront des hommes dans l'espace menacé par la militarisation des Etats. Comment affronter le réchauffement climatique, les cyber-attaques et les actes terroristes ? Autant de pistes, de scénarios ici analysés, et de réponses apportées.
    Ce Rapport captivant est un concentré de réflexions uniques sur le monde actuel et de demain.

  • Le dernier combat de Jacques Chirac s'est déroulé à huis clos. Ce combat que chacun doit perdre, un jour, contre le chagrin, la maladie, la mort. A quoi pensait ce vieil homme face à l'inéluctable ? Pour l'ancien président qui a livré tant de batailles, celle-ci a été la plus dure, la plus sombre. La plus universelle et la plus intime aussi.
    Peu avant Noël 2015, Il entre dans un bel hôtel particulier du 6e arrondissement de Paris, propriété de son ami François Pinault. Sa dernière demeure, le pressent-il ? Nul ne le voit, sinon quelques fidèles, de moins en moins nombreux. Près de quatre années s'écoulent ainsi, dans un silence glacé. Le tombeau se dresse autour d'un homme encore vivant, qui s'absente de soi-même. Au dehors, la nostalgie Chirac grandit.
    Dans cette famille si célèbre et pourtant vouée à l'enfermement et au secret, se tient une femme, Bernadette, la seule épouse. Passé le temps de la revanche qu'elle se plaisait à prendre sur son mari, elle a affronté, d'abord sans faiblir, la mort accidentelle de Laurence, leur fille aînée, dénouement tragique d'une existence recluse. Puis elle s'est laissée emporter, comme lui, par cette peine immense. Bernadette Chirac qui ne cessait de s'inquiéter pour l'avenir de leur fille, handicapée, quand elle-même aurait disparu, s'est trouvée face à un vide que rien ne pouvait combler.
    Claude, la fille cadette du couple, s'est consacrée, comme toujours, à régenter leur vie. Elle qui avait si longtemps veillé sur la communication de son père, s'est ingéniée meubler sa solitude, après l'avoir soustrait aux regards de tous. Puis celle de sa mère, soudain cloîtrée - en écartant impitoyablement de ce huis clos étouffant tous ceux qui pourraient en rapporter des bribes. L'un de ceux qui appartenait à ce tout petit cercle est brutalement congédié pour avoir parlé. Il meurt d'une crise cardiaque quelques jours plus tard...

    Béatrice Gurrey est grand-reporter au Monde. C'est l'une des plus fines connaisseuses de la Chiraquie. Elle est notamment l'auteure du Clan Chirac chez Robert Laffont.

  • « Aujourd'hui encore, tandis que le principe de précaution gouverne nos sociétés, des garçons et des filles continuent de se griffer les mollets aux ronciers, d'élever des mâts, des plates-formes et de manoeuvrer l'Opinel sans souci des blessures. [...] Lorsqu'ils auront passé l'âge, d'un seul coup d'oeil ils se reconnaîtront. Alors, sans un mot, dans le vacarme du monde, ils penseront : «Celui-là est un frère ; celle-ci est une soeur.» » (Philibert Humm.) Le Guide du scoutisme de Robert Baden-Powell, paru pour la première fois en 1908, est un livre culte, le manifeste de générations de scouts à travers le monde. C'est à la fois une philosophie et un guide pratique, un véritable manuel de survie, une mine d'informations et de conseils éducatifs. Vous apprendrez à traquer les animaux, à reconnaître les arbres et les plantes, à construire des cabanes et des ponts, à vous orienter en toute circonstance, à prodiguer les premiers soins aux personnes blessées et à rester en bonne santé. Une seule devise : « Toujours prêt ! » Préface de Philibert Humm. Traduit de l'anglais (britannique) par Laurent Barucq.

  • C'est une enquête foudroyante : l'histoire de Nissan Ibrahim, syrienne, musulmane et résistante dans une ville devenue "la capitale du diable". Née à Raqqa, professeur de philosophie, Nissan nous livre sur Facebook son journal de bord et son combat pendant 4 années de dictature meurtrière. Que signifie être une femme en Syrie entre 2011 et 2015 ? À quoi ressemble la vie au temps des décapitations, des tortures, des bombardements ? Les posts de Nissan racontent la tragédie syrienne, la lutte d'un peuple contre deux machines de mort : le régime de Bachar Al-Assad et l'État islamique. Ce dernier n'a pas apprécié. En janvier 2016, Daech annonçait qu'elle avait été "exécutée". Elle avait 30 ans. C'est une histoire édifiante. Un journal digne de celui d'Anne Franck exhumé et raconté par Hala Kodmani. On y découvre une jeune femme stupéfiante, pleine d'humour, de peurs, de rêves et d'espoir pour son peuple et son pays. Nissan est devenue un symbole : celui d'une Antigone dans une Syrie déchirée.

  • Quel est le plus efficace et le moins cher de tous les médicaments ? La meilleure des thérapies ? Le sport santé !
    Toutes les études scientifiques le démontrent : bénéfique pour l'organisme, l'activité physique et sportive (APS) réduit la mortalité, le risque de dépression, de fractures, prévient et soigne les maladies cardiovasculaires, le diabète et le cancer. Il peut même retarder l'apparition de la maladie d'Alzheimer !
    Alexandre Feltz, médecin généraliste et adjoint à la mairie de Strasbourg, s'efforce de réduire la sédentarité et les inégalités de santé chez ses concitoyens. Il donne des conseils pratiques : monter les escaliers, faire du yoga, de la marche nordique, du longe-côte, se déplacer à vélo, ce qui en plus est écolo !
    Par son combat, en 2016, il a participé à intégrer ce dispositif dans la loi Santé, permettant aux médecins de prescrire du sport santé sur ordonnance. Et, pourtant, il n'est toujours pas pris en charge par la Sécurité sociale !
    Un manifeste ludique et tonique pour le mouvement.

  • Dans la foulée du rassemblement évangélique de Mulhouse, mi-février 2020, les hôpitaux du Haut-Rhin sont les premiers en France à connaître un afflux de patients atteints du Covid-19. L'hôpital Pasteur de Colmar est vite débordé?: pénurie de masques, de tests, de respirateurs, d'oxygène, de sédatifs...

    Aux urgences, le docteur Claudia Chatelus se retrouve en première ligne. Formée à la médecine de catastrophe, elle multiplie les intubations. Alors que les services de réanimation d'Alsace sont submergés et que le gouvernement n'a pas encore pris la mesure de la situation, il faut décider qui, selon son âge, son autonomie et son état de santé, peut bénéficier de ce geste qui sauve.

    En l'absence de coordination régionale, voire nationale, dès le début de la crise, seule l'exceptionnelle mobilisation des équipes hospitalières et de secours, la solidarité de la population et les aides venues de l'extérieur empêcheront l'effondrement des services d'urgence du Grand Est.

    Ma guerre du Covid est le journal d'une femme qui oscille entre sang-froid et colère, le témoignage à chaud d'un combat contre la pandémie, mais aussi contre la défaillance honteuse, conséquence de décennies de gestion hasardeuse, d'un système de soin tenu longtemps pour l'un des meilleurs au monde. Un récit d'indignation et d'empathie.

  • Parce que son coeur n'est pas en silex, Françoise Hardy met le feu quand elle passe au crible notre société contemporaine.
    Dans un livre composé de messages personnels, elle évoque sans concession la vieillesse, sa vieillesse, la décrépitude des corps... Elle qui a été l'icône androgyne et longiligne des sixties. Il faut avoir un courage d'écrivain pour se confronter ainsi à son propre corps.
    Dans une époque qui se refuse à vieillir, elle convoque la belle figure voltairienne d'Emmanuel Berl, avec qui elle s'est souvent entretenue pour raconter sa souffrance, la maladie, le parcours du combattant auprès des médecins et parfois de charlatans en tout genre.
    Michel Leiris a écrit L'Âge d'homme et comparé la littérature à la tauromachie. Ici Françoise Hardy nous livre l'âge d'une femme et encorne tout ce qui la révulse aujourd'hui : les mensonges, religieux ou politiques, les idéologies, le sectarisme et le spectaculaire. Elle y avoue aussi son admiration pour certains hommes publics comme Michel Rocard, Nicolas Hulot, Alain Juppé, Hubert Védrine,  ou parle de ses rencontres avec ces hommes qui semblent échapper aux partis politiques, déquille ceux qui l'agacent comme Cécile Duflot ou François Hollande.
    Mais ce livre est aussi une déclaration d'amour à la littérature, aux écrivains qu'elles aiment comme Stefan Zweig, Scott Fitzgerald, Modiano - drôlerie d'un dîner avec le récent prix Nobel de littérature qui ne parvient pas à déboucher une bouteille de vin - ou Michel Houellebecq, admirateur de ses chansons.
    Bien évidemment sa passion pour l'astrologie et la spiritualité imprègne ce livre où se mêlent souvenirs personnels avec chanteurs, couturiers, idoles des sixties et digressions sur l'économie et la politique.
    Apparaît ici toute la sensibilité à fleur de peau d'une artiste qui préfère la solitude, la beauté, à la foire aux vanités.

  • Cette nouvelle biographie de Sally Bedell Smith explore en profondeur la vie privée et la vie publique de la Reine qui aura marqué la seconde moitié du XXe siècle. 
    L'auteur, journaliste à Vanity Fair et spécialiste de la monarchie britannique, a eu un accès inédit aux correspondances de la Reine et à ses proches collaborateurs. Elle s'est entretenue avec plus de 250 personnes parmi les amis de la Reine, dont beaucoup ne s'étaient encore jamais exprimés, ainsi que d'anciens chefs d'état, des premières dames des conseillers du Palais et des ambassadeurs. Ils lui ont révélé de nombreux détails et anecdotes permettant de dresser un portrait clair, précis et incisif de la souveraine qui a dû apprendre à concilier sa vie d'épouse, de mère et de grand-mère (et même d'arrière-grand-mère) et son rôle à la tête d'un empire ayant subi une véritable transformation sociale tout au long de son règne.
    Elle montre avec pertinence comment l'obligation d'être toujours neutre pour incarner une force immuable et rassurante a influencé toute la vie d'Elizabeth II, la forçant notamment à dissimuler un sens de l'humour assez développé et visible uniquement par ses proches, dont certains font à l'auteur des révélations amusantes. Nous comprenons mieux à la lecture le statut d'icône de la Reine, que Churchill résumait ainsi : "Si nous subissons une défaite, le Parlement renverse le gouvernement. Si nous remportons une victoire, la foule acclame la Reine."

  • À trente-quatre ans, Kim Jong-un défie Donald Trump et Xi Jinping en brandissant l'arme nucléaire. Sept ans après son accession au trône, l'héritier de la seule dynastie communiste de la planète reste une énigme sur laquelle butent les services de renseignement du monde entier. À la tête d'une armée de 1,2 million de soldats, la quatrième du monde, Kim Jong-un menace l'Amérique, dont 28 500 GI's sont postés au sud de la péninsule, et bouscule l'équilibre géostratégique de la région.
    Comment le pays du matin calme a-t-il pu enfanter une telle dictature autocratique ? Comment un État peut-il encore, sur notre planète interconnectée du XXIe siècle, échapper aux regards des plus puissants ? Quel est le rôle des femmes dans l'organisation du pouvoir ? Quels sont les liens de la Corée du Nord avec la Chine et le Japon ? Comment la propagande nord-coréenne a-t-elle recyclé à son profit des doctrines aussi bigarrées que le christianisme, le nationalisme ethnique ou le néoconfucianisme ?
    De Pyongyang à Washington, en passant par Pékin, Tokyo, Osaka, Guam et Séoul, Sébastien Falletti a enquêté auprès de transfuges, experts, espions, diplomates et de personnalités proches du leader actuel pour percer la psychologie de l'homme le plus mystérieux de notre époque.
    Ce livre est une enquête palpitante sur les traces du dernier prince rouge, une saga historique digne des Rois maudits et de Netflix.

  • Le 26 juillet 2017, Loup Bureau, journaliste, est arrêté par les autorités turques près de la frontière irakienne : il cherchait à se rendre à Raqqa pour un reportage. Au commissariat, les policiers trouvent sur son profil Facebook une photographie de lui en compagnie de combattants YPG syriens, prise alors qu'il tournait un documentaire en 2013. Accusé de terrorisme, il encourt vingt-cinq ans de prison. Il sera finalement libéré le 17 septembre 2017, grâce à la pression du gouvernement français. Il reste cependant accusé de terrorisme et son procès est toujours en cours en Turquie. Ses chroniques, écrites durant son incarcération et accompagnées de lettres et de documents, constituent un témoignage glaçant sur les dérives totalitaires et les atteintes à la liberté de la presse. Au-delà de la situation d'une absurdité kafkaïenne dans laquelle il se trouve plongé, au-delà de la perte d'espoir et du sentiment d'abandon qu'il décrit, Loup Bureau souligne l'emprise d'Erdogan dans un pays déchiré par la «guerre contre la terreur ». Loup Bureau est né en 1990. Il a notamment couvert les soubresauts du printemps arabe en Égypte, la guerre en Syrie et le conflit ukrainien dans le Donbass.

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