Pu De Paris-sorbonne

  • Malgré les progrès constants de l'écrit, les sociétés latines, byzantines ou musulmanes du Moyen Âge restent très largement dominées par l'oral et les sons. La voix tient un rôle primordial au sein d'un paysage sonore dont l'étude a récemment bénéficié d'un regain historiographique et du croisement interdisciplinaire avec l'anthropologie, la musicologie, l'archéologie, l'architecture, l'art ou la littérature.

    Le 50e congrès de la Société des historiens médiévistes de l'Enseignement supérieur public a ainsi voulu mieux comprendre la production, les usages, la définition et les contextes d'emploi de la voix, plongée dans des configurations engageant autant la parole, le discours, la déclamation que le chant ou, à l'inverse, le silence ou la voix intériorisée. Les contributions s'intéressent à la présence et aux marques d'oralité dans l'écrit, à la musique et à sa "fabrique", aux paysages sonores, aux cris et émotions, aux rythmes, à la scansion et à la cantillation..., bref à tous les contextes et prétextes qui produisent la voix, l'accompagnent ou la mettent en scène, et à ce qui est reproduit, proféré, clamé ou tu par elle.

    Vingt ans après la rencontre de Gottingen, le congrès de Francfort rappelle également l'importance des échanges universitaires et historiographiques franco-allemands dans une ville profondément européenne et au riche passé historique.

  • À la périphérie des institutions publiques et privées se développent aujourd'hui des formes nouvelles de communs. L'idée centrale de ce livre est que le Commun fait système avec l'État et le Marché et qu'il existe une pluralité d'options et de pistes possibles d'aménagement de cette combinatoire. Il ne s'agit pas ici de promouvoir les communs per se, mais d'observer les conditions et les voies de déploiement de différentes formes de communs à la lisière des systèmes institués (comme l'État et le Marché), d'évaluer leurs transformations, d'examiner les dimensions éthiques de leur mobilisation.

    Cet ouvrage réunit des chercheurs, des enseignants de plusieurs disciplines et différents acteurs privés et publics du Commun qui apportent à la fois des précisions théoriques - du côté du droit et de la philosophie en particulier - et leurs expériences pratiques dans les domaines de l'énergie, de l'agriculture et du numérique.

  • Ce dossier s'intéresse aux entrepreneurs africains, dans un contexte où ressurgissent nombre de discours politiques et médiatiques "pro-entrepreneuriat" sur le continent et où s'accumulent les dispositifs visant à promouvoir la création d'entreprise. Face aux images dominantes qui présentent l'entrepreneur comme un acteur stratège et rationnel, dont l'action est utile à la société et à lui-même, ce dossier adopte une posture critique, nourrie par de solides enquêtes de terrain qui participent à déconstruire les représentations de sens commun. Il fait le pari que c'est en analysant d'une part qui sont les créateurs d'entreprise en Afrique, quelles sont leurs trajectoires, ce à quoi ils aspirent et le sens qu'ils donnent à leur activité, et d'autre part quelles sont les dynamiques politiques, institutionnelles et sociales dans lesquelles ils s'inscrivent que l'on peut entrevoir la complexité des "traductions" et formes diverses que prend ce nouveau discours pro-entrepreneurial sur le continent. Ce dossier, par la diversité des contextes nationaux et des populations qu'il étudie, donne ainsi à voir la coexistence d'une infinité de déclinaisons de profils, d'hybridations et de recomposition dans les pratiques entrepreneuriales en Afrique.

  • Les sociétés médiévales accordent une grande importance à la culture de l'obéissance, au respect de la tradition et au principe hiérarchique. Mais elles sont aussi régulièrement secouées par toutes sortes de rébellions, de dissidences ou de révoltes, voire par de véritables révolutions. Ces différentes figures de la contestation ont constitué un domaine de recherche majeur dans les années 1960-1970, porté par les vents de l'époque, avant d'être délaissés ou traités de façon plus parcellaire. À l'heure où les nouvelles recherches sur l'hérésie revisitent les rapports entre désobéissance et rébellion, où l'histoire intellectuelle réexamine la destinée de figures contestataires et où les grandes révoltes paysannes, urbaines ou nobiliaires suscitent un net regain d'intérêt, il convenait de rouvrir le dossier, sans nécessairement évoquer l'anniversaire de la Jacquerie paysanne de 1358, ni l'actualité brûlante du mouvement des « gilets jaunes ». C'est ce qu'a entrepris le XLIXe Congrès de la Société des historiens médiévistes de l'Enseignement supérieur public, réuni à Rennes en 2018. Les études rassemblées dans ce volume explorent ainsi tour à tour la manière dont les sociétés latines, byzantines ou musulmanes du Moyen Âge ont dit et défini les contestations, les motifs variés qui animaient dissidents ou révoltés, et les formes que prit la remise en cause de l'ordre établi, avant de s'interroger sur la fin des contestations et leurs effets par-delà leur dénouement souvent tragique et leur mémoire dissonante.

  • Les événements terroristes appellent une réflexion sur l'Etat. En effet, l'Etat est affecté, sinon dans son existence, au moins dans ses éléments constitutifs : sa souveraineté, sa population et son territoire. Les attentats qui se sont déroulés à Paris et Saint-Denis aux mois de janvier et novembre 2015 en sont l'un des derniers témoignages les plus saisissants. Tout se passe comme si, au-delà des effroyables assassinats, au-delà de ces drames individuels, l'Etat lui-même avait été frappé au cur.
    En réponse, le peuple tout entier, ou en tout cas une part significative de celui-ci, s'est spontanément et massivement rassemblé dans les rues le 11 janvier 2015 pour réaffirmer son unité et, à travers elle, sa puissance. Territoire, peuple, souveraineté, Etat. Le terrorisme trouve face à lui les concepts premiers du droit public. Le juriste, spécialement le publiciste, est comme invité à réfléchir.
    Mais il y vient presque avec étonnement. Le terrorisme est assez peu étudié sous l'angle du droit public. D'ordinaire, l'analyse est plutôt effectuée par le biais de branches plus spécialisées du droit. Le droit pénal, le droit européen et le droit international sont en effet davantage mobilisés pour l'étude du terrorisme. Il faut aussi reconnaître que l'Etat cherche, avant tout, à arrêter et juger pénalement les terroristes.
    Cette répression implique une coopération européenne et internationale dès lors que le terrorisme dépasse les frontières de l'Etat. Mais qu'en est-il du terrorisme sous l'angle du droit public et, en particulier, du point de vue de l'Etat lui-même ? Quels sont les rapports, les liens, entre l'Etat et le terrorisme ? Avant tout, comment identifie-t-on le terrorisme ? Quel est le pouvoir ou, simplement, l'influence de l'Etat dans cette identification ? Et quelles sont les réactions de l'Etat contre le terrorisme ? Comment réagissent les institutions administratives de l'Etat ? Qu'en est-il de ses autorités politiques ? Ces réactions visent-elles seulement à lutter contre le terrorisme ou ont-elles d'autres causes ? Symétriquement, sont-elles susceptibles d'avoir des conséquences plus profondes ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles l'ouvrage L'Etat et le terrorisme tente d'apporter des réponses grâce aux contributions de plusieurs spécialistes de différentes branches des sciences humaines et sociales.

  • Très riches et très diverses, l'architecture, la sculpture et la peinture de l'Asie du Sud et du Sud-Est offrent aussi une indéniable unité : elles véhiculent les valeurs et les significations liées au bouddhisme et au brahmanisme, nés tous deux en Inde. Cette présentation de l'art indien est divisée en deux grandes parties, la première consacrée à l'Inde, à Sri Lanka et au Népal, la seconde à l'Asie du Sud-Est, où les thèmes et les formes élaborées en Inde ont donné lieu à partir du VIe siècle environ à des développements spécifiques. Le livre suit une progression chronologique, depuis les premières oeuvres d'art apparues dans les sites de l'Indus (2 300-1 750 env. av. J.-C.), jusqu'à la période contemporaine et retrace les grandes étapes de l'histoire de l'art en Asie du Sud et du Sud-Est. Accompagné de nombreuses illustrations, d 'un index et d'un glossaire, il permet au lecteur de s'initier à l'une des grandes civilisations du monde, encore vivante aujourd'hui.

  • La question de l'opinion publique est un thème fondamental dans les sciences humaines, comme elle se pose dans la vie de nos démocraties. Cette notion, à la fois vague et essentielle, a une histoire. Quand et comment une société dans son ensemble pouvait-elle exprimer ses jugements ?

    Des historiens interrogent la généalogie de cette notion en s'intéressant aux Temps modernes, avant la métamorphose de la Révolution. En effet, dans la plupart des pays européens et surtout en France, les systèmes politiques se méfiaient de l'opinion publique. De nombreux exemples vivants, une réflexion multiforme, des découvertes surprenantes : ce livre approfondit un thème important pour tout amateur d'histoire et pour tout citoyen.

  • L'étude des relations diplomatiques et des récits de voyageurs du xvi au xviii siècle atteste la réalité de regards croisés entre deux civilisations, l'occident chrétien et l'empire du " turc ".
    L'esquisse d'une europe ottomane naît de ce dialogue. dans le même temps, les textes, mais aussi les divertissements nobiliaires et les spectacles publics - opéras, ballets, théâtres de la foire -, reflets d'un imaginaire collectif, dessinent l'image, d'un turc à l'européenne.

  • Martha Nussbaum - Égalité et amour à la fin du Mariage de Figaro : constituer les émotions démocratiques Ruwen Ogien - Qui a besoin d'une « éthique à visage humain » ?

    Marc Pavlopoulos - Des valeurs contextuelles ou universelles ?

    Piergiorgio Donatelli - Martha Nussbaum, l'éthique et la forme de vie Michela Marzano - Publicisation de l'espace privé et privatisation de l'espace public Estelle Ferrarese - Émotions et politique chez Martha Nussbaum : la question du rapport à soi Alice Crary - Éthique et littérature : Nussbaum contre Nussbaum Gabrielle Radica - La jalousie est-elle une passion privée ?

    Patrick Pharo - Fiertés et dégoûts dans l'éthique de première personne QUESTIONS PRÉSENTES Philippe Chevallier - Michel Foucault et la question du droit - Sophie Guérard de Latour - Pluralisme et relations interethniques : le cas du racisme républicain - Nicolas Poirier - Division du social et auto-institution : le projet démocratique selon Castoriadis et Lefort - Sigfrido Ramírez Pérez - Europe néo-libérale ? Les limites d'une interprétation téléologique de l'intégration européenne La littérature pour la jeunesse : une école de vie ?
    Coordonné par Sylvie Servoise Laurent Bazin - L'école de la fiction : formation, formatage et déformation dans la littérature de jeunesse contemporaine Gilles Béhotéguy - La célébration de la lecture dans le roman français contemporain pour la jeunesse Stéphane Bonnery - Les mises en scène dans les albums enfantins des apprentissages dans la relation entre adultes et enfants : des évolutions significatives des modalités éducatives Isabelle Charpentier - Portraits engagés d'adolescentes entre deux cultures. Conflits genrés, culturels et sociaux dans deux romans pour la jeunesse de Jeanne Benameur Michèle Bacholle-Bošković - Des minorités plus visibles : réflexions d'auteurs jeunesse Isabelle Casta - Le vampire et la jeune fille, ou comment grandir à l'ombre de Twilight.

    Éric Auriacombe - Poudlard : une école contre la mort ?

    Maud Gaultier - Récits argentins pour les enfants : lorsque les écrivains franchissent les tabous.

    Edwige Chirouter - À quoi pense la littérature de jeunesse ? Philosopher avec les enfants grâce à la lecture de récits

  • Ce volume ouvre une réflexion d'ensemble sur des ouvrages qui voient le jour en une décennie et cultivent, chacun à sa manière, l'art de la varietas et de la bigarrure. Dans la France des années 1580 fleurissent en effet de nombreux recueils mêlant récits et dialogues, anecdotes, bons mots, propos philosophiques et moraux, en particulier L'Esté de Bénigne Poissenot (1583), Les Bigarrures d'Étienne Tabourot des Accords (1572 et 1585), les Contes et Discours d'Eutrapel de Noël Du Fail (1585), Les Neuf Matinées (1585) et Les Apresdisnées (1586) par le seigneur de Cholières et Les Serées de Guillaume Bouchet (1584-1598). Ces exemples permettent d'interroger un genre problématique, souvent mal reçu par la critique et qui a pu souffrir de sa proximité temporelle - et parfois formelle - avec les Essais de Montaigne.

  • Ce volume rassemble des textes en anthropologie, histoire de l'art, musicologie, histoire du cinéma, réunis pour construire ensemble un véritable objet pluridisciplinaire : l'art est ici examiné comme processus, depuis les modèles cognitifs et conceptuels étudiés dans les contextes de sa création jusqu'à l'impact politique et sociétal de sa réception.

    La première partie des Cahiers du CAP considère des objets aussi divers que la création musicale contemporaine, la mise en récit(s) de la photographie dans la seconde moitié du XXe siècle en France et la production de bronzes au XIXe siècle sous l'angle de leurs processus créatifs.

    Sa deuxième partie examine les espaces muséaux : ils peuvent être considérés comme des "zones de contact" plus ou moins asymétriques et jouent aujourd'hui un rôle crucial dans la mise en valeur de pratiques et d'objets considérés comme mineurs ou marginaux.

    Enfin, la dernière partie propose d'interroger l'articulation entre culture et politique au regard de contextes sociaux, politiques et historiques distincts.

  • En hommage au très grand historien que fut François-Xavier Guerra (1942- 2002), ce livre réunit dix-huit essais inspirés par son oeuvre et son enseignement sur l'Amérique latine contemporaine. Succédant en 1985 à François Chevalier à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, F.-X. Guerra fut internationalement connu comme historien des révolutions hispano-américaines: Révolution mexicaine de 1910, révolutions d'indépendance du début du XIXe siècle, à travers lesquelles il s'est consacré à interroger les paradoxes et les dilemmes de l'avènement de la modernité politique.
    Il les pensait dans le vaste espace transnational qu'il appelait l'Euro-Amérique, où, avec les hommes et les imprimés, circulent et s'échangent les cultures politiques. A travers discussions historiographiques, bilans méthodologiques et cas concrets, les essais ici rassemblés reprennent à nouveaux frais des questions telles que : les modalités de la transition entre ancien régime et société libérale, qui engagent la définition de la modernité politique, mais invitent aussi bien à réfléchir d'un oeil neuf aux transitions démocratiques de la fin du XXe siècle ; le rôle joué par la sphère publique dans les processus de sécularisation; les conditions de pertinence de l'identification des acteurs dans l'histoire du politique; ou encore, le questionnement du nationalisme à partir de l'espace euro-américain.
    Des historiens européens et latino-américains, collègues ou anciens élèves de F.-X. Guerra, poursuivent ainsi le dialogue avec cette oeuvre généreuse et féconde qui n'a pas cessé d'irriguer la réflexion des latino-américanistes.

  • Le présent numéro est constitué autour de deux thèmes : Stratégies navales et commerciales dans l'océan Indien d'une part, les amiraux de l'autre.

    Le premier thème est très large et très divers puisqu'il va de l'époque médiévale (l'expansion de l'Islam dans l'océan Indien) au début du XXe siècle (le commerce des arachides entre Pondichéry et Marseille), aborde aussi bien l'histoire économique 
(à l'histoire du commerce des arachides s'ajoute celle d'une tentative commerciale à l'île de France au milieu du XVIIIe siècle) que la guerre sur mer (le rôle et les luttes de la marine française dans l'espace de cet océan, et plus particulièrement pour la maîtrise du Bengale). Enfin, l'horrible histoire des naufragés de Trommelin - et ainsi du commerce des esclaves dans cet espace maritime au milieu du xviiie siècle - apporte une note humaine très poignante.

    Le second thème s'efforce également, à partir d'études très variées, d'apporter une vue d'ensemble. C'est pourquoi la première des 9 contributions retenues montre ce que furent les amiraux de France à l'époque moderne, cependant que la dernière du point de vue chronologique analyse les carrières des amiraux français sous la Ve République. 
Un travail proche est réalisé pour les officiers généraux de France, de Grande-Bretagne et des Provinces-Unies au milieu du XVIIe siècle. De portée générale est également le texte consacré aux premiers amiraux russes, cependant que quatre auteurs présentent l'activité d'amiraux dont le rôle fut à la fois très important et méconnu (Du Casse, Missiessy, 
Le Barbier de Tinan et Hugon). Enfin, l'épisode clé de la bataille du Jutland et du rôle de Jellicoe dans cet épisode décisif de la Grande Guerre, survenu en 1916, est revisité.

  • Ce livre est la première synthèse sur bossuet depuis quarante ans - exactement depuis le bossuet de jean calvet mis à jour par jacques truchet en 1968.
    Cet anniversaire a valeur de symbole : après la contestation, prélude à l'oubli, de nombre de nos gloires patrimoniales, il importait de redécouvrir une figure majeure qui peut à elle seule emblématiser la religion, la pensée politique et la littérature de l'âge classique en france. une telle entreprise exigeait que, dans un style clair et accessible, il fût rendu compte de la vie de bossuet et de ses ouvrages essentiels avec toute l'objectivité de la distance qui nous sépare de lui et l'éclairage des travaux critiques des dernières décennies.
    C'est à quoi se sont attachés, en examinant successivement bossuet en son temps, bossuet historien, bossuet politique et bossuet orateur, quatre spécialistes du xviie siècle ; jean-louis quantin, directeur d'études à l'école pratique des hautes études (section des sciences historiques et philologiques) ; béatrice guion, maître de conférences à l'université toulouse ii ; gérard ferreyrolles, professeur à l'université paris-sorbonne, président de l'association " les amis de bossuet " ; emmanuel bury, professeur à l'université de versailles-saint-quentin, membre de l'institut universitaire de france.

  • Sefarad, "Espagne" en hébreu, a occupé longtemps une place prépondérante dans l'imaginaire juif. Sorte de territoire linguistique et culturel dont les racines plongent dans cette Espagne où cohabitèrent, selon les époques, chrétiens, juifs et musulmans. Culture polymorphe dont l'histoire se poursuit hors de la péninsule Ibérique, après l'expulsion de 1492, année également marquée par la chute de Grenade, dernier bastion musulman en Espagne. La littérature sépharade dans son lieu de naissance conjugue les influences locales et lorsqu'elle traverse les frontières, elle se pare d'atours nouveaux. Et il suffit de traverser l'Europe de bout en bout, de Lisbonne à Istanbul, pour que chaque étape offre à la curiosité une autre facette d'un univers sépharade mythifié, constamment enrichi d'influences, et d'une littérature qui appartient désormais au patrimoine universel avec des auteurs comme Elias Canetti et Albert Cohen. On ne peut pas limiter cette littérature à ses seuls grands noms. Elle prend aussi des formes populaires, comme ces romans publiés en feuilletons qui donnent le ton de la modernisation au 19e siècle, s'installant dans les foyers, et offrant des exemples aux femmes qui cherchent une autre place dans la société que celle que leur reconnaissait le mode de vie traditionnel. Le livre offre un parcours dans et à travers une littérature où se croisent, sans se heurter ni se tourner le dos, Occident et Orient, judaïsme, islam et christianisme, indéniablement attirés les uns par les autres.

  • Tout le monde sait que du blocus de Berlin en 1948 à la mort de Staline en 1953 le monde a connu le paroxysme de la Guerre froide.
    Mais on sait moins que celle-ci a été un conflit global, idéologique, politique, géopolitique, militaire, avec aussi de très fortes répercussions dans des domaines très variés : culture, économie, sciences. En outre c'est un conflit qui, encore plus que les précédents, a mêlé de façon intime l'évolution des relations internationales et l'évolution intérieure des différents pays concernés. Et même l'évolution personnelle de bien des Européens, qui durent passer, souvent de façon déchirante, de l'alliance du temps de guerre avec les Soviétiques et les communistes contre le nazisme, à la confrontation avec l'URSS et le communisme.
    On a voulu le rappeler ici, en montrant que la Guerre froide n'a nullement été une affaire purement américanosoviétique, comme on le croit trop souvent. Elle a impliqué pleinement " les deux Europe ", celle de l'Ouest et celle de l'Est et a façonné leur destin, à l'instar des grands conflits européens depuis la Guerre de Trente Ans. C'est le rôle particulier de l'Europe et des Européens dans la Guerre froide, comme acteurs mais aussi comme victimes, que ce volume veut retracer.

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