Mare & Martin

  • Contrastant avec les balbutiements de leur technique, la maîtrise artistique des premiers fondeurs chinois ne connaît pas de prémices. Par l'originalité, et parfois l'audace de leurs formes, les vases en bronze atteignent immédiatement à la perfection. En témoigne l'extraordinaire élégance et le geste inspiré des pièces les plus anciennes.
    Au cours des premiers siècles, entre le xvie et le iiie siècle avant notre ère, un bestiaire fantastique chargé de puissance et de force fait la beauté de vases destinés aux grandes cérémonies du rituel chinois.
    Quand cette fonction rituelle fait place à l'ostentation, le décor s'enrichit d'incrustations de malachite, d'or, d'argent ou de laque, et les formes deviennent précieuses jusqu'à l'exubérance.
    Il y a vingt siècles, certains bronzes identiques à ceux présentés ici faisaient déjà figure d'antiquités auxquelles les premiers empereurs attachaient le plus grand prix. Chaque fois qu'une dynastie aura besoin d'assurer sa légitimité, elle plongera vers cette sorte de « mémoire historique » que sont les bronzes pour l'histoire chinoise.
    Le regard porté au cours du temps sur les bronzes archaïques chinois a pu changer, en même temps que le souvenir de leur usage exact, et celui de la fonction rituelle qui avait été la leur, pouvait s'estomper. Il demeure que l'ensemble de la collection de chefs-d'oeuvre présenté lors d'une exposition au musée Guimet est lui-même un chef-d'oeuvre, tant la qualité des pièces est exceptionnelle, tant est complète la série des formes créées par les bronziers de la Chine antique.

  • Adjugé !

    Collectif

    Comme ailleurs en Europe, c'est dans les années 1850 que le marché de l'art contemporain connaît un développement sans précédent en Belgique. Jamais auparavant, les productions des artistes vivants n'ont fait l'objet d'autant de spéculation. Derrière le mythe de l'artiste bohème et désintéressé, les créateurs et créatrices sont à l'origine de stratégies pour avoir la cote et vendre leurs oeuvres. C'est l'objet de cet ouvrage qui dévoile les lieux et les acteurs du marché nécessaires à leur succès commercial: salles de vente publiques, ateliers, salons officiels et expositions indépendantes, collectionneurs et marchands d'art. Cet ouvrage collectif accompagnant une exposition au musée Rops offre une première synthèse du marché de l'art contemporain en Belgique dans la seconde moitié du xixe siècle.
    />

  • Comment se produisent, s'exposent, se diffusent et se consomment les produits du luxe ? L'ouvrage collectif explore la question de la spécialisation progressive d'un commerce voué aux objets précieux qui concourent à l'embellissement de la personne ou du cadre de vie. C'est une publication largement ouverte d'un point de vue chronologique, spatial et disciplinaire, faisant appel à des spécialistes d'horizons différents : histoire, histoire de l'art, économie, littérature, sociologie, etc. et de nationalités également diverses : française, anglaise, russe, roumaine, italienne, hollandaise.
    Cette approche interdisciplinaire du marché du luxe sur la longue durée, du Moyen Age à nos jours, permet de confronter les expériences et de mettre en relief les permanences et les mutations.
    Le luxe a souvent été cantonné aux productions des beaux-arts ; il s'agit ici de montrer la richesse et la diversité de ce qui était (et reste) compris sous cette appellation et d'observer comment se sont progressivement mis en place des marchés spécialisés. Cet ouvrage développe deux approches spécifiques, d'une part les acteurs et les marchandises, d'autre part les lieux de vente et la puissance matérielle et symbolique attachée à ce secteur particulier de l'économie. Le luxe ne ressortit pas, en effet, seulement aux logiques et aux formes de l'économie matérielle ; il est également une valeur polémique, commerce symbolique, argument politique, controverse religieuse, etc., dont les termes croisent, anticipent, s'affranchissent ou prolongent les circuits de sa consommation.

  • Nombre de films s'attachent à représenter la famille, la vie de famille, les conflits familiaux, soit que la question familiale constitue l'intrigue centrale, soit qu'à travers une autre intrigue, puissent être recueillis des éléments relatifs à la famille des personnages. Par un processus de visionnage sans a priori et grâce à une analyse multi critères (juridique, historique, esthétique, littéraire, philosophique, sociologique...), une équipe pluridisciplinaire et internationale a articulé des éléments du droit de la famille et des films d'époques et de genres différents. Ainsi, d'un même thème juridique présent dans plusieurs oeuvres cinématographiques, des regards complémentaires ont été posés sur la famille, considérée par le doyen Carbonnier comme l'un des trois piliers de la société, à côté du contrat et de la propriété.

    Diverses thématiques, parmi lesquelles celles du mariage, du divorce, des familles en crise, de la filiation, de la figure du père, de l'absence de famille ou encore des communautés comme familles de substitution, ont été explorées. Dans tous ces films, des éléments juridiques apparaissent en filigrane, même si, tout comme en droit, la famille toujours évoquée n'est jamais clairement définie.

    Les contributions, associées aux images, permettent d'illustrer cette diversité et de relativiser l'ampleur d'une hypothétique crise de la famille, l'histoire, le droit et le cinéma nous en révélant sa mutation institutionnelle permanente.

    Les contributeurs : Nicolas Appelt, Françoise Barbé-Petit, Lenice Barbosa, Ghislain Benhessa, Daniela Berghahn, Nathalie Bittinger, Alain Brassart, Christophe Chambost, Xavier Daverat, Anne Dobigny-Reverso, Estelle Epinoux, Magalie Flores-Lonjou, Nathalie Goedert, Grégoire Halbout, Christophe Lamoureux, Sylvain Louet, Ninon Maillard, Alice Marzloff, Gilles Menegaldo, Aurélie Noureau, Nicoletta Perlo, Marion Poirson-Dechonne, Nicolas Rafin, Serge Regourd, Giuseppina Sapio, Céline Saturnino, Priyanjali Sen, Björn Sonnenberg-Schrank, Jean-Baptiste Thierry et Jacques Viguier.

    Avec le soutien de la Mission de recherche Droit et justice.

  • Les Etats représentent le cadre premier dans lequel les systèmes juridiques ont trouvé un point d'ancrage et se sont édifiés en fonction des préoccupations politiques, économiques et sociales propres à ceux qui les composent. Le droit, on le sait, régule la vie en société, en protège les valeurs fondamentales. Or, la diversité est intrinsèque aux sociétés, donc aux systèmes juridiques. "Il n'y a pas un seul droit pour l'ensemble du monde", écrit le professeur Raymond Legeais dans l'introduction à son ouvrage "Les grands systèmes de droit contemporains", et de même qu'il est urgent de préserver la diversité des langues face à un usage excessif de l'anglais, de même il est nécessaire de préserver la diversité des droits ; ce qui ne signifie pas que les différences qui existent entre les ordres juridiques au moment de leur création ne parviennent pas à se réduire, voire à converger.
    C'est à ce phénomène qu'ont été consacrées les deuxièmes journées juridiques franco-polonaises organisées à Cracovie les 23 et 24 novembre 2012 à la faculté de droit et d'administration de l'Université Jagellonne, et dont le présent ouvrage rassemble l'essentiel des contributions. Des universitaires polonais et français se sont interrogés sur l'état des droits positifs de différents pays européens, de droit écrit et de common law - y a-t-il divergence ou convergence entre les droits considérés ? - , les causes du phénomène, les instruments qui favorisent la convergence - à savoir en priorité le traité de Lisbonne pour l'Union européenne et la Convention européenne des droits de l'Homme pour le Conseil de l'Europe.

  • Penser les méthodes de recherche sur l'information et la communication : tel est l'objectif de cet ouvrage collectif à portée réflexive et épistémologique qui accueille des contributions questionnant la posture du chercheur, sa relation au terrain d'enquête, et différentes méthodologies pour analyser les dispositifs numériques.

    La (prétendue) objectivité au principe de la pratique scientifique est-elle un idéal atteignable ? Un chercheur doit-il rester neutre ou peut-il s'engager dans la recherche ? La pratique scientifique peut-elle s'affranchir de toute considération normative ? Comment combiner l'approche par le genre et la dimension ethno-raciale à l'étude des médias ? Dans quelle mesure la richesse du terrain est-elle restituée dans la publication scientifique ? Comment se reconfigure aujourd'hui la frontière entre sciences sociales et sciences de la nature ?

    Telles sont quelques questions posées ici dans l'ouvrage qui nous invite à penser avec rigueur la méthodologie de la recherche, s'interrogeant sur les savoirs recueillis dans l'enquête, l'observation ethnométhodologique, la place de la machine dans l'usage du numérique, la variation et l'énonciation des identités en ligne et proposant des cadres et outils pour étudier les pratiques numériques.

    Ont contribué à cet ouvrage : Pierre Barboza, Roger Bautier, Nicolas Bencherki, Hélène Bourdeloie, Maxime Cervulle, Alexandre Coutant, Julie Denouël, Jean-Claude Domenget, David Douyère, Fanny Georges, Fabien Granjon, Joëlle Le Marec et Nelly Quemener.

  • Auguste Pointelin

    Collectif

    Se tiendra à Dole, une rétrospective qui mettra en valeur son rapport particulier au paysage, particulièrement ceux du Jura. Pointelin, à l'exception de 2 portraits, n'a peint sa vie durant que des paysages, essentiellement ceux du Jura et un aspect typique du Jura particulièrement, les plateaux ou les combes (petite vallée) qui donne sa teneur à ses compositions partagées entre ciel et terre, dans une vision austère, puis au dépouillement de plus en plus prononcé.
    Cette modernité est passée totalement aux oubliettes de l'histoire de l'art car l'artiste est resté fidèle au Salon des artistes français, ce qui a certes permis l'achat de ses oeuvres majeures par l'État, mais l'a discrédité comme artiste classé dans les «Pompiers» ou académiques face aux avant-gardes incarnées à son époque par l'Impressionnisme, courant que Pointelin ne portait pas dans son coeur. Il reste que le rapport de l'artiste aux paysages de sa terre natale est fusionnel et il a développé dans ses oeuvres une puissance d'expression singulière avec des moyens picturaux limités.

  • Des demandeurs d'asile en Europe aux minorités sexuelles, des majeurs incapables à la victime d'un tremblement de terre au Japon, en passant par le justiciable américain souhaitant prouver son innocence... la diversité de ces situations illustre une question déjà posée par Platon : le droit est-il fait pour les faibles ou pour les forts ? Un constat s'impose surtout : en droit, la faiblesse n'est qu'abstraite ou implicite.

    Dépourvue de définition générale, elle reste sujette à diverses interprétations, qui ont inspiré de jeunes chercheurs réunis à Strasbourg le 13 décembre 2018. Leurs travaux critiques, rassemblés dans cet ouvrage, démontrent que si la notion de faiblesse est polysémique, elle est aussi une ressource stratégique pour le droit.

  • En hommage à Jean-Michel Leniaud, historien de l'art et de l'architecture du XIXe et du XXe siècle, ce volume ressemble une centaine de contributions couvrent l'ensemble des patrimoines, du Moyen Age à nos jours, du plus prestigieux eu plus modeste : cathédrales, synagogues et églises de campagne ; palais, villes et paysages ; vitreux et médailles ; architecture et sculpture ; joaillerie et orfèvrerie ; portraits et vêtements ; décors et mobilier jusqu'à l'art de la chasse et du bon vin...
    Au service de ce feu d'artifice, érudition et réflexion politique unissent leurs qualités pour démontrer l'importance du patrimoine dans les affaires de le Cité. Par se qualité scientifique et le diversité de ses auteurs français et étrangers, cet ouvrage restera longtemps une référence incontournable.

  • Plenitudo Juris rassemble vingt-neuf contributions offertes à Michèle Bégou-Davia, Professeur émérite de l'université Paris-Sud et éminente spécialiste de l'histoire du droit canonique médiéval. Les articles réunis ici par ses collègues et amis ne sont toutefois pas tous circonscrits à ce champ disciplinaire, mais reflètent et témoignent d'une diversité et d'une approche compréhensive des formes historiques et des concepts du droit, allant de l'Orient ancien à la science canonique positive : une plenitudo juris dont la quête a constamment motivé et continue d'animer la dédicataire de ces Mélanges.

  • L'objectif de cet ouvrage est d'interroger le sens et l'usage du terme critique, en sciences sociales et notamment dans le cadre des études en communication. Cette démarche nous a semblé d'autant plus cruciale que la communication est souvent réduite à un ensemble de pratiques d'ordre instrumental dont la vocation serait de résoudre les problèmes sociaux dans une démarche d'ingénierie. A contrario du sens commun, cet ouvrage met l'accent sur les liens qu'entretiennent les faits sociaux de communication avec des enjeux de pouvoir, de domination, de conflictualité sociale et d'émancipation. Impossible, en effet, de penser les sociétés contemporaines sans faire une critique systématique du présent et sans mettre l'accent sur ses virtualités pratiques. Impossible également d'évoquer la critique en tant que réflexion théorique sans considérer la fonction sociale des activités scientifiques qui s'en réclament.

    Critique, sciences sociales et communication propose ainsi une cartographie des "territoires" de la critique en communication et le repérage de leurs principales nécessités, tensions et articulations épistémologiques.

  • Puisque la présence des patines est presque une constante dans l'art religieux africain, nous proposons à travers ce livre de découvrir une facette si importante de cet art.
    Les oeuvres d'art africain que nous voyons ici et aujourd'hui nous échappent en partie. En effet, nos sculptures anciennes ont bien souvent été privées de leurs parures, de leurs vêtements, des autres représentations qui les accompagnaient. Les objets ont quitté le contexte religieux et cultuel qui les a fait naître, mais cet ensemble de pratiques ont imprimé leur marque sur eux. Ce qu'il nous reste de cette période de la vie des objets, c'est leur patine, témoin de l'usage qui en a été fait et des croyances qui y ont été associées.
    /> La patine se lit, autant avec les yeux qu'avec les doigts, et raconte quels gestes ont forgé, poli, enduit l'objet. Ce sont le temps, l'usage et les onctions rituelles qui lui donnent sa texture. Elle varie selon les lieux, les cultes, les matériaux employés. Sa couleur est toujours symbolique, et si cette exposition présente exclusivement des patines noires profondes, il existe aussi des patines rouges, marron, ou blanchies. Cela dépend de l'usage qu'il a été fait de l'objet et du message dont il est porteur. Si les onctions d'huile produisent une patine brillante, parfois même suintante, les libations de terre et de sang produisent, elles, des patines croûteuses ou craquelées.
    Les objets présentés dans cette exposition viennent d'Afrique Centrale et de l'Ouest, soit de civilisations éloignées les unes des autres. Leur unique point commun est peut-être qu'elles sont le signe indéniable d'une grande sacralité.
    Charles Ratton fut un collectionneur et marchand actif entre 1920 et 1986.
    Son frère, Maurice Ratton, fut lui aussi marchand d'art africain. En 1973, Philippe Ratton, fils de Maurice, ouvrit sa première galerie. Son fils, Lucas, s'est installé rue de Seine à l'automne 2012.

  • En 1561, à l'initiative de Catherine de Médicis, une conférence religieuse est organisée à Poissy, pour tenter d'effectuer un rapprochement entre Catholiques et Protestants.
    Les tensions à ce moment précis de l'histoire étaient à leur paroxysme et l'assemblée se quitta sans avoir pu trouver de compromis dogmatique. Cependant, ce colloque fut le germe d'une première tentative de dialogue. Il déboucha sur le premier édit de tolérance de l'Histoire de France, l'édit de Saint-Germain-en-Laye du 17 janvier 1562, marquant la reconnaissance officielle de la diversité religieuse.Même si s'ensuivirent trente années de guerres de Religion jusqu'à la signature de l'Edit de Nantes en 1498.
    450 ans ont passé depuis cet événement.
    Que retenir de cette tentative de réconciliation aujourd'hui, alors que nous vivons dans une république laïque où la religion n'est plus affaire d'Etat ?
    Le Colloque de Poissy de 2011 interroge celui de 1561. Comment ce dernier peut-il faire sens aujourd'hui ?
    La municipalité a considéré qu'il était important de commémorer cet événement historique. Outre la présentation d'une exposition grand public, le service des musées de la Ville, avec l'organisation de ce colloque, aura pu porter, susciter et orienter les réflexions sur un des enjeux majeurs de nos sociétés contemporaines : de quels outils et moyens disposons-nous au quotidien pour parvenir à une meilleure compréhension mutuelle, favoriser et composer le mieux vivre ensemble au coeur de la laïcité, comprise aussi comme principe d'unité fondamentale qui rassemble les femmes et les hommes de cultures différentes en une même société politique ?

    Convoquer historiens, juristes, anthropologues, sociologues, philosophes et théologiens pour débattre ensemble, c'est parier sur le fait que la complexité croissante de l'être humain ne peut s'appréhender qu'à travers des regards croisés.

  • La faculté de droit et d'administration de l'université Jagellonne a fait de l'ouverture au droit étranger sa grande priorité. Ce choix se fonde sur la conviction qu'une faculté de droit moderne ne doit pas se limiter à proposer des enseignements de droit polonais de très haut niveau mais est tenue de permettre à ses étudiants de s'initier aux droits d'autres pays. Dans ce contexte, en 2000, l'université Jagellonne de Cracovie et l'université d'Orléans ont décidé de créer une École de droit français à Cracovie dont les enseignements sont intégrés au cursus de droit de l'université Jagellonne. Depuis sa création, cette École de droit français est devenue un pôle majeur de diffusion de la culture juridique française en Europe centrale. En 2010, l'École de droit français a fêté ses dix années.

    L'année 2010 fut celle du 60e anniversaire de la Convention européenne des droits de l'homme qui influence si profondément les systèmes juridiques des pays européens. Pour fêter les deux anniversaires, la direction de l'École de droit français a décidé d'organiser des journées juridiques franco-polonaises les 22 et 23 octobre 2010 à l'université Jagellonne sur le thème du Jeu des influences croisées du droit français, du droit européen et du droit des autres pays européens. Les contributions rassemblées dans le présent ouvrage ont pour ambition d'étudier l'influence du droit européen sur les droits nationaux, français, polonais et réciproquement, l'apport des droits français et polonais au droit européen ainsi que les influences mutuelles entre ces deux systèmes juridiques nationaux.

  • Issu d'une journée d'études destinée aux jeunes chercheurs organisée au Centre de théorie et analyse du droit (UMR 7074) de l'Université Paris Ouest Nanterre - La Défense, cet ouvrage s'intéresse aux usages que le droit fait du concept de tradition. La tradition est un objet appréhendé par le droit, qui lui donne un certain contenu variant selon les contextes juridiques et les cultures constitutionnelles ; également couramment invoquée à l'appui de l'argumentation juridique - judiciaire ou savante -, elle entre en relation avec une pensée du changement ou de la modernité. Le présent volume propose quatre axes de recherche éclairant ces différents enjeux.

    Premièrement, les traditions peuvent entrer en opposition au droit et fonder des discriminations que le droit s'efforce d'effacer. Deuxièmement, les traditions peuvent se constituer en autant de sources du droit et se juridiciser en donnant lieu à des coutumes. Troisièmement, les traditions et les coutumes peuvent être utilisées par les juristes, à la fois juges et acteurs institutionnels, dans les interprétations du droit positif. Quatrièmement, les traditions peuvent constituer des objets protégés par le droit, notamment lorsqu'elles deviennent des parties intégrantes du patrimoine culturel.

  • Hommes de droit

    Collectif

    Le 22 juin 2012, disparaissait Philippe Guillemin, Maître de conférences de droit public de l'Université de Reims Champagne-Ardenne. La Faculté de Droit et de Science politique a choisi de lui rendre hommage en organisant une journée d'études le 17 octobre 2013. Le présent ouvrage regroupe les différentes contributions des intervenants de cette journée.
    Universitaire, élu local, avocat, Philippe Guillemin avait choisi d'emprunter trois voies distinctes et complémentaires afin de mettre en pratique ses connaissances et ses analyses en matière juridique. Enseignant et chercheur en Droit public, responsable administratif et pédagogique au sein de la Faculté de Droit de Reims et en tant que directeur du Centre Universitaire de Troyes, il avait également des fonctions d'acteur politique local en tant que maire d'un petit village des Ardennes. Sa dernière aventure, ajouter la fonction d'avocat à son expérience déjà large, lui avait permis de mettre l'accent sur la pratique du droit administratif qu'il avait enseigné pendant de longues années.
    Les différentes interventions de cette journée ont été regroupées en tenant compte des trois thèmes abordés, l'universitaire, l'avocat, et l'élu local : trois hommes de droit, trois acteurs essentiels dans une société imprégnée de normes et de raisonnements juridiques.
    Liste des contributeurs:
    Olivier DUPERON - Hervé GROUD - Olivier DEBARGE - Franck DURAND - Laurent DERBOULLES - Franck LAFFAILLE - Eric RAFFIN- Sara NOURDIN - Jean-Michel BRICAULT - Jean-Claude NEMERY - Bernard TOURET.

  • À l'initiative de l'Association française de droit constitutionnel, le Centre Maurice Hauriou de l'université Paris Descartes et l'ERDP-CRD&P de l'université de Lille Droit et Santé, ont organisé un colloque international à l'occasion du huitième centenaire de la Grande Charte (Magna carta), arrachée au roi d'Angleterre par ses barons, dans la plaine de Runnymede, le 15 juin 1215.

    Le présent ouvrage est tiré des contributions qui ont été présentées sur ce texte fameux, tenu classiquement pour la base du constitutionnalisme occidental, c'est-à-dire du gouvernement par la loi, du consentement à l'impôt et de la garantie des libertés.

    Associant des juristes et des historiens (des lettres et du droit), britanniques et continentaux, ainsi que l'un des Lords judiciaires du Royaume Uni, l'évocation érudite et parfois anachronique du Xllle siècle anglo-normand montre comment un parchemin du Moyen Âge un peu mystérieux est devenu, grâce à une sorte de création continue, l'un des éléments essentiels du patrimoine des démocraties. Par des interprétations rétrospectives, chaque génération a contribué à l'enrichir, en Europe, en Amérique et dans l'espace du Commonwealth, poussant finalement les « libertés anglaises » à toucher à l'universel.

    Sous la direction de Emmanuel Cartier et Jean-Pierre Machelon.
    Contributions de Christian Behrendt, Louis de Carbonnières, Emmanuel Cartier, Bruno Daugeron, Alain Laquièze, John Laws, Jean-Luc Lefebvre, Jean-Pierre Machelon, John-Christopher Rolland, Nicholas Vincent.

  • « Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas neuf. Ce n'est pas de vous » est une phrase de Charles Nicolle (1866-1936) (prix Nobel de physiologie ou médecine en 1928). Elle est rapportée par Jean Bernard (1907-2006) puis par Jean Dausset (1916-2009) (prix Nobel de physiologie ou médecine en 1980) dans son ouvrage Clin d'oeil à la vie. La grande aventure HLA. Jean Bernard ajoute que Jean Dausset rejeta les trois objections mais qu'il en provoqua (puis en leva) une quatrième : « Ce n'est pas important ». La recherche scientifique est ici résumée. Elle se rapproche de la poésie par ses sensibilités et ses répétitions. Il est difficile et parfois impossible d'apporter de nouvelles données à la science sans un rejet plus ou moins immédiat de la communauté scientifique. L'ouvrage constitue le tome 3 d'une Histoire de la tolérance et de la transplantation. Une histoire qui nécessitait des regards sur l'Académie des sciences, la Sorbonne, le Collège de France, l'Université Harvard, l'Université de Tübingen... mais également sur la transplantation d'organes en tant que sujet de droit de la recherche médicale et le transhumanisme.

    Sous la direction de Pierre Mazeaud et Catherine Puigelier.

  • Porté par les villes d'Enghien-les-Bains et de Montmorency dans le Val-d'Oise, ce colloque s'inscrit dans le cadre des nombreuses manifestations organisées pour le Tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau. En lien avec l'exposition "Rousseau, passionnément" présentée au Musée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency, du 9 juin au 9 décembre 2012, ce colloque explore le thème des passions dans la vie et l'oeuvre du Citoyen de Genève. Il a été conçu par le Comité scientifique du musée.

    Après l'ouverture de ces deux journées exceptionnelles par François Detton, maire de Montmorency, vice-président de la Communauté d'agglomération de la Vallée de Montmorency, et Philippe Sueur, maire d'Enghien-les-Bains, vice-président du Conseil général du Val-d'Oise, carte blanche a été donnée à l'invité d'honneur Pierre Bergounioux, pour évoquer Jean-Jacques Rousseau. Sous la forme d'un exposé magistral intitulé Tous les hommes... l'écrivain a brossé une fresque historique allant de la naissance de l'écriture à l'avènement du cogito cartésien, et de l'émergence du courant libéral anglo-saxon à la passion de l'égalité portée par Rousseau jusqu'aux idéaux de la Révolution française.

    Des universitaires et chercheurs ont ensuite apporté leur éclairage sur les passions de Rousseau qui, loin de les congédier au nom de la raison, leur accorde une place fondamentale. Les thèmes de la vérité, la nature, la botanique, la musique, l'amour, les plaisirs et la morale sont autant de motifs qui s'inscrivent dans son système de pensée et investissent ses écrits. Cet ouvrage témoigne de la richesse des différentes interventions. Il rend compte également de l'actualité de la pensée d'un philosophe majeur du siècle des Lumières.

  • La réalité est que le genre humain est duel, féminin et masculin. La réciprocité est inhérente à la complémentarité de l'homme et de la femme qui découle de la distinction même des sexes. Face aux évolutions du droit faisant émerger des concepts nouveaux de "genre indifférencié" ou d' "identité de genre" fondés sur la remise en cause de la différence des sexes dans les modèles familiaux, le Centre de recherche sur le couple et l'enfant, laboratoire du CEJESCO, a organisé, à l'Université de Reims (URCA), un colloque international sur le sujet. Les travaux qui conduisirent à la loi française du 17 mai 2013 n'avaient pas alors été amorcés, mais cette journée de conférences eut lieu pendant les débats parlementaires, ce qui accroît la portée de la réflexion menée.

    Le défi relevé fut de penser ensemble la différence des sexes et l'égalité de chacun d'eux au regard des liens primaires d'alliance et de parenté. La question a été creusée sous différents angles : aussi bien celui de l'identité sexuée et du couple sexué, comportant une analyse de la nouvelle loi ayant ouvert le mariage et l'adoption aux couples de personnes de même sexe, que celui des familles recomposées, des filiations sexuellement exclusives, des conventions de gestation pour le compte d'autrui, de l'assistance à la procréation ou, encore, de l'allaitement, de l'éloignement des père et mère du fait de l'incarcération, des droits de l'enfant et, enfin, de la résidence alternée.

    D'éminents spécialistes y ont contribué : Catherine Labrusse-Riou, Jean Hauser, Alain Sériaux, Frédérique Granet-Lambrechts, Daniel Fasquelle, Martine Herzog-Evans, Jean-Dominique Sarcelet, Nathalie Baillon-Wirtz, Caroline André, Adélaïde Kadiyogo, ainsi que des intervenants venus d'Espagne, du Luxembourg et de Guinée : Carmen Làzaro Palau, Jordane Segura, Sekou Koita.

  • L'intégration européenne est-elle en crise ? C'est là le premier volume d'un diptyque consacré à l'Europe sociale et solidaire, crises et perspectives. Il est le fruit de travaux de chercheurs des deux rives du Rhin, provenant des Universités de Bochum, en Allemagne et de Tours, en France. A travers des regards croisés, parfois divergents, les auteurs ont débattu de la crise d'intégration européenne qui perdure et des perspectives d'avenir de l'Union européenne. Crise régénératrice comme par le passé ou crise profonde, dégénérative, remettant en cause la construction européenne elle-même ? Pour y répondre, les auteurs ont analysé ses diverses facettes : crise institutionnelle, crise économique et financière avec ses répercussions sur certains services publics, crise des fondements mêmes de l'Union que certains Etats membres s'ingénient à ébranler au nom du respect de leur "identité constitutionnelle" et de l'absence de légitimité démocratique de l'Union.

empty