Honore Champion

  • Dans notre mémoire littéraire, l'apparition des lais narratifs bretons a fait deux fois événement : pour les auditeurs du XIIe siècle, qui en ont fait un succès littéraire - déterminant ainsi la constitution d'un genre qui a fait école - mais aussi pour nous, lecteurs contemporains, qui n'avons cessé, depuis leur découverte, de les éditer, de les traduire, d'en commenter l'énigmatique attrait.
    En proposant de lire côte à côte les lais de Marie de France et plusieurs lais anonymes, le présent volume voudrait faire apparaître la cohérence d'un corpus constitué sur plusieurs décennies. Choisis pour la richesse des résonances qu'ils offrent avec les lais de Marie, les cinq lais anonymes ici présentés bénéficient d'une édition et d'une traduction nouvelles. Les lais de Marie de France ont été traduits d'après l'édition de Jean Rychner, entièrement revue.

    Édition bilingue établie, traduite, présentée, annotée et revue par Nathalie Koble et Mireille Séguy, 2018.

  • Ce recueil se destine à tous ceux qui douteraient que l'érotisme ait pu exister dans la littérature médiévale. Des textes du XIIe au XVe siècle empruntés à des genres variés révèlent la manière dont s'expriment le désir et le plaisir sexuel au Moyen Âge, des premiers troubles sensuels aux voluptés charnelles les plus transgressives, de la fin amor à la luxure assumée. Ces oeuvres revendiquent la légitimité de la vie sexuelle, l'accès à la jouissance et l'intellectualisation de la sensualité. Elles présentent un large éventail de positions et de pratiques qui secouent le cadre conventionnel de la relation hétérosexuelle. Elles exposent les besoins primordiaux du corps libéré des entraves morales, religieuses ou sociales cherchant à maîtriser ou refouler ses pulsions, et le transforment en univers à explorer et à exprimer. Elles permettent de découvrir le rapport qu'entretenaient les hommes et les femmes de l'époque avec leur part charnelle, elles nous donnent accès à leurs fantasmes dans toute leur richesse et leur complexité. En matière de caresses, de comportements, de projections fantasmées, de représentations suggestives ou de sublimation par le langage et par l'art, le raffinement de l'imaginaire médiéval n'a guère à envier aux siècles ultérieurs. Chantant la vie et la vérité des corps, il ne peut laisser personne indifférent.

  • Publiés entre 1710 et 1712, Les Mille et un jours, contes persans, profitent sans nul doute du succès rencontré par les premiers volumes des Mille et une nuits. Comme les contes arabes traduits par Antoine Galland, les contes persans reposent sur des sources authentiques, d'origine turque pour la plupart, traduites par l'orientaliste François Pétis de la Croix. La Princesse de Cachemire, prévenue contre les hommes après un songe, refuse de se marier. Tous les matins, à l'heure du bain, sa nourrice, confiante dans le « pouvoir des fables », entend convaincre la jeune princesse de la fidélité du coeur des hommes. Il n'est pas certain qu'elle y parvienne et peut-être faudra-t-il que la Princesse vive elle-même son propre conte pour découvrir l'amour. Que l'éminent orientaliste ait peut-être eu recours à la plume de l'écrivain Alain.
    René Lesage est alors une invitation supplémentaire à découvrir ce recueil encore trop méconnu : la « traduction » des contes s'insère dans un projet cohérent qui mêle sérieux et comique et invite le lecteur à une réflexion subtile et enjouée sur le pouvoir des récits. Les Mille et un jours, contes authentiques qu'il ne faut pas confondre avec les multiples « imitations » des contes arabes, méritent indéniablement de sortir de l'ombre des Nuits et de reconquérir leur place, une des premières, parmi les contes littéraires.

  • Le Dictionnaire Marcel Proust réunit la somme des connaissances actuelles sur Proust et son oeuvre. Le projet de consacrer un dictionnaire à Proust se justifie par la notoriété du plus grand romancier français du XXe siècle comme par la transformation, depuis cinquante ans, de notre savoir relatif à l'auteur de la Recherche et à l'ensemble de ses écrits.
    Une équipe de trente-sept spécialistes internationaux a consacré un millier d'articles aux personnages, aux personnes réelles, aux lieux fictifs et réels qui figurent dans son oeuvre.
    Chaque écrit de Proust fait l'objet d'une entrée qui rappelle la date de la première publication, depuis les devoirs du lycéen ­jusqu'aux notes posthumes. D'importants articles de synthèse concernent l'homme et l'écrivain, les prédécesseurs et contem­porains, la pensée de Proust, l'oeuvre, les thèmes et notions et la critique proustienne.

  • Ce dictionnaire répond à une triple volonté : il entend d'abord établir le bilan de plusieurs décennies de réflexion théorique, plus de quarante ans après la parution du Pacte autobiographique (1975) de Philippe Lejeune. Il vise ensuite à cartographier un champ de recherches dont l'extension est souvent mal comprise : l'autobiographie au sens strict, mais également, et plus globalement, les écritures de soi. À un moment où la médiatisation de l'autofiction brouille les frontières entre fiction et non-fiction, il semble important de décrire les spécificités du champ non fictionnel et de se demander si l'écriture autobiographique est un modèle d'écriture identifiable à quelques traits précis ou un registre qui transcende les frontières génériques. Enfin, ce dictionnaire souhaite féconder un nouvel élan théorique. Il dépasse une vulgate promue par l'institution scolaire et universitaire, constituée en canon, ne se limite pas aux seuls corpus consacrés mais s'intéresse également à des auteurs méconnus, voire aux écritures ordinaires. Derrière le succès de l'autobiographie se cache une diversité de pratiques et de genres ayant en commun l'écriture à la première personne, qui connaissent des fortunes variables mais ne cessent de se nourrir réciproquement : Mémoires, souvenirs, témoignages, journaux personnels, correspondances intimes, chroniques... Il s'agit de désenclaver l'autobiographie en la réinscrivant dans une large continuité historique et au sein de l'espace francophone ; les écritures de soi, souvent réduites à leur seule prétention à calquer le monde, sont aussi des supports essentiels au renouvellement de la création littéraire.

    Sous la direction de Françoise Simonet-Tenant, avec la collaboration de Michel Braud, Jean-Louis Jeannelle, Philippe Lejeune et Véronique Montémont.

  • Dans le corpus des contes à rire, les fabliaux qui mettent en scène des protagonistes de naissance noble méritent d'être étudiés séparément : le jongleur devait en effet faire rire un auditoire de cour - qui le rétribuait -, en malmenant parfois les héros bien nés et certaines conventions courtoises.
    Il s'en tirait sans mal si le rire pouvait éclater aux dépens d'un prêtre cupide (Le Prêtre et le Chevalier), d'un paysan anobli (Bérengerau long Cul, d'un bourgeois (le Fouteur), d'une dame autoritaire et acariâtre (La Mégère émasculée). Tous les acteurs d'un petit drame courtois peuvent même échapper au ridicule (Guillaume au Faucon), et le comique vient alors de l'habileté avec laquelle un jeu de mots grivois permet de dénouer l'intrigue...
    Jean-Luc Leclanche a procuré une édition avec traduction de ces textes alertes, peu connus, rarement édités, dont certains n'avaient jamais été traduits.
    Il a joint, à titre documentaire, deux textes brefs qui ne sont pas des fabliaux mais qui peuvent aider à comprendre le rire courtois : Les Putains et les jongleurs, et le Lai du Libertin.

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  • Avec le Roman de Thèbes s'opère la naissance d'un genre littéraire dont le succès ne s'est pas démenti.
    Premier volet de la " triade classique " avec les romans d'Eneas et de Troie, le Roman de Thèbes constitue bel et bien notre premier roman, avant ceux de Chrétien de Troyes. C'est en même temps une oeuvre plurielle, traduction, adaptation, recréation, qui tantôt suit de très près son modèle, tantôt s'en affranchit avec la plus grande liberté. Comme la Thébaïde de Stace, sa source, l'auteur médiéval relate la guerre fratricide des deux fils d'Oedipe, Etéocle et Polynice, à la manière des chansons de geste contemporaines.
    Mais le péché de Jocaste semble bien loin, et des figures féminines comme Antigone et Ismène prennent un relief particulier, dans la fraîche innocence de leurs amours. En même temps, le monde antique semble habillé aux couleurs du Moyen Age. Mais la pratique de l'anachronisme (ou plutôt de l'anachronisation) semble ici concertée. La coexistence de l'antique et du médiéval aboutit à des synthèses de caractère baroque, répondant à un goût certain pour l'insolite.
    C'est dire que dès son apparition, le Roman de Thèbes frappe par sa nouveauté, son originalité, sa liberté de ton. Le souhait d'immortalité formulé il y a plus de huit siècles par son auteur semble désormais exaucé.

  • Anne franck échappe à son enfermement grâce à ces contes, témoignant d'une imagination moderne et de qualités d'écriture exceptionnelles.
    Comme elle, ses personnages affichent, face à la barbarie des événements, une incroyable fraîcheur de pensée et une vie intérieure rayonnante.

  • Comment se retrouver aujourd'hui dans le dédale de la terminologie littéraire, sans cesse rendu plus inextricable par l'entrecroisement des apports de disciplines nouvelles (psychanalyse, sociologie, sémiotique...) qui n'abolissent pas pour autant les plus anciennes (rhétorique, histoire...), et par la confrontation de traditions nationales souvent divergentes ? De toute cette complexité, le présent dictionnaire a choisi de sacrifier le moins possible, et a préféré multiplier les points de repère et les sentiers de traverse.
    Le lecteur y trouvera donc aussi bien enjambement ou épanorthose que dialogisme, mise en abyme ou psychocritique ; blues, proême ou virelai que genre, littératures postcoloniales ou paralittérature ; mais aussi dolce stil nuovo, Bloomsbury group ou popoetchiki, ainsi que Jeune Belgique, naturalisme ou Oulipo ; et encore New Criticism ou Neue Sachlichkeit ainsi que déconstructionnisme ou nouvelle critique.
    Classement alphabétique commode, nombreux renvois entre articles apparentés (ainsi de temps à analepse, espace, monologue intérieur ou narratologie), tableaux de synthèse (des périodes et des courants, des genres, des études littéraires, des figures de rhétorique et des types de transformation de texte), pistes bibliographiques pour prolonger les principaux articles : autant d'atouts, déjà largement éprouvés, désormais mis à la disposition de tous les francophones - chercheurs ou critiques, enseignants et étudiants, voire simples amateurs - qui, d'un manière ou d'une autre, s'interrogent sur la littérature, sur son fonctionnement institutionnel, sur son évolution ou sur les diverses manières d'analyser ou d'interpréter ses textes.

  • Le volume réunit les travaux menés par l'équipe "Inde médiévale et moderne" de l'École pratique des Hautes Études de 1996 à 2000. Après l'hagiographie en Inde, objet d'une récente publication (Constructions hagiographiques en Inde : entre mythe et histoire, sous la direction de Françoise Mallison, Paris, Honoré Champion, 2001, Bibliothèque de l'École des Hautes Études, N° 338), et alors que la montée du communautarisme en Inde se traduisait par de sanglants affrontements, il a semblé opportun d'élargir la réflexion à l'ensemble des personnages indiens susceptibles de cristalliser l'identité d'une caste, d'une confession ou encore d'une région. En explorant plus spécifiquement la façon dont la littérature en Inde, qu'elle soit mythe, historiographie, témoignage, tradition orale ou encore hagiographie, participe par ses mises en récit des processus identitaires d'affirmation et de valorisation de soi, les différentes contributions proposent un large panorama de la façon dont, du nord au sud de l'Inde, des antiques pierres de héros aux plus récentes publications sectaires, les textes construisent, falsifient, utilisent les figures des héros.



  • La valeur de l'art constitue un thème de première importance dans les discussions sur l'art au dix-huitième siècle. Le marché de l'art se transforme de façon décisive avec le passage d'une économie basée sur la commande à la vente par intermédiaire. Critique et expositions se nourrissent et évoluent parallèlement. La théorie est en pleine expansion.

  • « Cet ouvrage se situe au carrefour des silences inégaux de la littérature et de l'histoire. Il les croise avec hardiesse, les interroge avec sagacité. De quelles femmes l'Histoire a-t-elle parlé ? Quelles figures émergent de la nuit des siècles ? Principalement dans la littérature française, choisie comme terrain et qu'il serait intéressant de comparer avec d'autres. Et comment la littérature, parfois peu distincte de l'Histoire, si souvent confondue avec elle, s'en est-elle emparée ? Il y a des figures pérennes dont le traitement évolue avec le temps, dans la mesure où justement, littérature et histoire tendent à se distinguer dans leurs démarches et leurs points de vue. Non sans ambiguïtés et difficultés, dont la biographie, d'abord abandonnée par l'histoire au roman, fait les frais. Saintes, reines, courtisanes déclinent plusieurs versants de l'identité féminine. Victimes, leur douceur sacrificielle émeut et angoisse [...] Femmes de pouvoir, on les suspecte de dissimulation, d'incompétence, d'une cruauté liée aux déviations d'un sexe contrarié, tant il est anormal qu'une femme règne. La richesse de ce livre novateur et foisonnant repose sur la diversité des figures évoquées, celle des oeuvres explorées, des questions posées, et jamais éludées, mais aussi sur la pertinence d'un regard critique qui utilise l'outil du genre sans s'y enfermer. Il ouvre dans la forêt des textes cent chemins qui donnent envie de poursuivre l'aventure ».

    Dirigé par Mercé Boixareu. Esther Juan-Oliva, Angela M. Romera-Pintor (éditrices). Préface de Michelle Perrot.

  • Giraudoux reste un des très grands noms du théâtre de l'entre-deux-guerres, mais des controverses brouillent la réception de son oeuvre : trop littéraire, trop rêveuse, suspecte de pacifisme, voire de trahison des idéaux républicains qui l'ont nourrie. Son esthétique romanesque, plus novatrice et corrosive qu'on ne croit, et qui avait marqué successivement Gide, Proust, Thibaudet, Blanchot, Aragon, et jusqu'à Jean-Luc Godard, est à redécouvrir.

    Cet ouvrage, rédigé par une équipe internationale de spécialistes issus de plusieurs disciplines (littérature, philosophie, histoire, urbanisme, cinéma), ne néglige aucune investigation dans le tissu de l'oeuvre, en recense les thèmes profonds et en restitue la cartographie. Les mises en perspective historiques sont précises, et aucune polémique n'est ignorée. Intégrant les travaux les plus récents de la très vivante critique giralducienne, ce dictionnaire entend ne pas dissocier le soldat patriote, le « fantaisiste » si proche parfois des surréalistes, le romancier qui écoute les sirènes du sublime mais qui désespère du monde tel qu'il va, l'homme de théâtre épris du « beau langage » mais qui voit dans la scène une tribune, l'humaniste qui se veut conscience civique, le critique littéraire qui découvre l'ascèse de ce qu'il appelle déjà « l'écriture ». Car l'imaginaire de Giraudoux est un et traverse tous les genres. C'est celui d'un auteur qui a porté au plus haut - peut-être un peu trop - la foi dans une nation littéraire.

    Publié sous la direction d'André Job et Sylviane Coyault. Avec la collaboration de Pierre d'Almeida.

  • Observer leurs contemporains, pointer leurs travers, réfléchir sur le sens de l'existence : telles sont les préoccupations des moralistes. Et pour cela, pas question de se perdre en longs discours ni de céder au conformisme de la flatterie. Les mots fusent, et peuvent faire mal : « Le stupide est un sot qui ne parle point, en cela plus supportable que le sot qui parle. » Alors trêve de paroles inutiles, rassemblez vos esprits et passez à votre tour maître dans l'art de « piquer » vos adversaires !

    L'accompagnement critique met en valeur la singularité des oeuvres présentées - les Maximes de La Rochefoucauld, les Pensées de Pascal, les Fables de La Fontaine et Les Caractères de La Bruyère, tout en montrant que le recours à la forme brève vise au seul projet de défaire l'homme de ses illusions, non sans humour (voir le Groupement de textes). Si les Ouvertures replacent la forme brève dans le contexte culturel du XVIIe siècle, les Bilans récapitulent le chemin qu'elle a parcouru pour devenir l'une des pratiques d'écriture privilégiées du XXe siècle.
    Anthologie recommandée pour les classes de lycée.

  • L'oeuvre d'Aragon, dans sa pluralité de formes, met en jeu des champs du savoir très divers : la littérature et son histoire ; l'histoire des formes, de l'art et de la musique ; celle des langues ; le cinéma ; les sciences politiques... Elle s'adresse tout aussi bien au lecteur de poèmes qu'à celui de romans. Elle s'est adressée aussi au militant, au partisan, au résistant ; les textes politiques ou journalistiques intéressent aujourd'hui non seulement l'histoire de la littérature, mais aussi tout lecteur qui cherche à comprendre les enjeux politiques, les luttes et les violences du XXe siècle.

    Ce dictionnaire a l'ambition d'aider ceux qui souhaitent appréhender l'oeuvre d'Aragon dans sa complexité et sa richesse et en approfondir certains aspects méconnus, grâce à un état du savoir qui a mobilisé 62 contributeurs, sous la direction de Nathalie Piégay et Josette Pintueles, avec la collaboration de Fernand Salzmann.

  • « On a tous mauvaises conscience à l'égard de Salammbô. On se dit : il faut que je relise Salammbô ».

    Ces paroles de Guy Sagnes, décédé en 1997, invitent à un retour au roman de Flaubert, dont le statut particulier nécessite une lecture plurielle.

    Ce volume collectif a été rédigé par des historiens attentifs à la chose littéraire, et par des littéraires, essentiellement des flaubertiens, qui prennent en compte la dimension historique des textes. Il ne s'agissait pas, en les réunissant, de rejouer à plus d'un siècle de distance la querelle triangulaire entre Flaubert, Sainte- Beuve et Froehner, mais de situer dans la problématique de son temps et du nôtre un roman qui occupe une place singulière au croisement de discours et de disciplines hétérogènes. Cette collaboration entre universitaires, venus d'horizons divers, a été suscitée conjointement par l'Association des Amis de Flaubert et de Maupassant, présidée par Daniel Fauvel, et par le Centre Flaubert de l'Université de Rouen, dirigé par Yvan Leclerc.

    Contributions de Lionel Acher, Claude Aziza, Jeanne Bem, Claude Briand-Ponsart, Maria Voda Capusan, Stéphanie Champeau, Sonja Dams Kropp, Rae Beth Gordon, Claudine Gothot-Mersch, Anne Green, Odile de Guidis, Isabelle Laboulais-Lesage, Christine Le Bozec, Yvan Leclerc, Daniel Mortier, Guy Rosa, Gisèle Séginger, Peter Michael Wetherill.

  • Le présent ouvrage rend compte des phénomènes de la mondialisation et de la migration qui marquent l'époque actuelle et influencent profondément le champ littéraire français. Y sont répertoriés 300 " écrivains migrants ", nés en dehors du territoire français, mais vivant et publiant en France. Chaque entrée se compose d'une notice biographique, d'une analyse thématique développant l'impact de la migrance sur la créativité de l'écrivain, et d'une section bibliographique. Ont collaboré à ce projet neuf coordinateurs scientifiques : Charles Bonn (Université Lumière Lyon II), Jacques Chevrier (Université Paris-Sorbonne Paris IV), Dominique Combe (ENS Paris), Paul Dirkx (Université Nancy II), Susanne Gehrmann (Humboldt Universität zu Berlin), Pierre Halen (Université Paul Verlaine-Metz) et Julia Pröll (Leopold-Franzens-Universität Innsbruck).

  • Dans l'abondante littérature publiée sur les différents Refuges des huguenots, la question éducative a toujours tenu une place respectable ; cependant, les aspects éducatifs ont rarement constitué le thème principal d'une recherche. Pourtant les réfugiés éducateurs - maîtres d'école, précepteurs, gouverneurs et gouvernantes - représentent un vaste éventail social, depuis les nobles désargentés jusqu'aux pauvres hères instituteurs de village. Il peut s'agir de prestigieux mécènes fondateurs d'institutions, de précepteurs à domicile, de savants professeurs ou de maîtres d'école acculturés maîtrisant à peine le français. À la diversité sociale répond la diversité géographique : les auteurs collaborant à ce volume parcourent nombre de pays d'Europe du Nord, depuis l'Angleterre et l'Irlande jusqu'à la Russie, en passant par l'Alsace, les Pays-Bas, la Suisse et l'Allemagne, sans oublier l'éducation protestante en France à la veille de la Révocation de l'édit de Nantes. Autour des questions éducatives, les enjeux sont de taille, et il n'est pas étonnant de voir des conflits de pouvoirs autour de la direction des établissements scolaires. À mesure qu'on avance dans le siècle, les ambitions éducatives augmentent, les matières se diversifient. Avec le développement général de l'intérêt pour l'éducation, on assiste à la publication d'écrits théoriques auxquels des huguenots participent ; plusieurs contributions témoignent des nombreux contacts entre les huguenots et leur entourage, porteurs d'influences réciproques.

  • L'Entrevue de Bayonne en mai 1808 est un moment clé de l'histoire du Premier Empire et un événement d'importance européenne. Les " choses d'Espagne " amènent l'Empereur à résider plus de trois mois à Bayonne où des décisions capitales sont prises : renonciation au trône des souverains espagnols, désignation de Joseph comme roi, rédaction d'une Constitution en présence de députés espagnols... Á l'occasion du bicentenaire une trentaine de spécialistes français, anglais, espagnols, historiens, historiens de l'art et du droit, militaires ont présenté leurs recherches sur les acteurs de ces événements et leurs diverses incidences.
    Cet ouvrage, qui réunit ces contributions apporte de nouveaux éclairages sur la stratégie napoléonienne, la Constitution de 1808, l'application des réformes judiciaires ou administratives, l'armée, la guerre et ses conséquences sur les activités économiques et, plus inattendu, ses répercussions sur l'histoire et le marché de l'art en France et en Europe.

    Josette Pontet est professeur émérite et ancienne directrice du Centre Aquitain d'Histoire Moderne et Contemporaine de l'Université de Bordeaux 3, et présidente de la Société des Sciences Lettres et Arts de Bayonne

  • Réimpression de l`édition de 2009.

    Née en terre celtique, la légende de Tristan et Iseut s'est particulièrement épanouie au XIIe siècle dans le domaine français, adoptant d'emblée, selon les auteurs, des tonalités très variées. Si tous les premiers textes sont écrits, comme il est d'usage alors, en vers octosyllabiques, la légende connaît, au milieu du XIIIe siècle, un développement extraordinaire avec la composition d'un très long roman en prose consacré à Tristan. Dans le passage du vers à la prose, le mythe subit des modifications remarquables, témoins de nouvelles orientations idéologiques, esthétiques et romanesques. Le rapprochement et la comparaison des versions en vers et de la version en prose met en lumière les enjeux des réécritures successives de la légende.
    Cet ouvrage rassemble les actes du colloque qui s'est tenu, en mars 2007, en hommage à Emmanuèle Baumgartner.

  • Il y a bien des littératures du Pacifique insulaire. Elles font apparaître des traits ethnologiques et anthropologiques ante-coloniaux. Elles illustrent l'impact des colonisations, les mouvements d'émancipation et les indépendances, les parentés et les croisements culturels, qu'il faut décrire selon les échanges qu'autorise le Pacifique. Cela fait l'originalité de ces littératures. Cet ouvrage les met en perspective et reconsidère quatre enjeux de la critique contemporaine : littératures et postcolonial ; littératures et globalisation ; littératures contemporaines et anthropologie ; littérature, tradition, modernité et contemporanéité.

  • Dans un monde qui change, où les progrès de la médecine rallongent la vie des hommes et où tous rêvent d'éternelle jeunesse, les questions d'éthique ont rattrapé les sociétés humaines. L'imaginaire de la mort, comme les pratiques sociales s'y rapportant, évoluent à tel point que les rites même qui structuraient les sociétés dites développées disparaissent ou se transforment. La mort, le mort disparaissent privant les proches des rites et pratiques cathartiques qui les entouraient.

    Ce sont ces rites traditionnels fondés sur les mythes justifiant cette transgression originelle, la mort, que les vingt-huit contributeurs de cet ouvrage se proposent d'évoquer de l'Europe au Japon, du Moyen Âge à nos jours, dans les sociétés traditionnelles, telle une vaste fresque historique et anthropologique sur la Route de la soie, pour en montrer la diversité et les invariants.

  • Plus d'un demi-siècle après la fondation de l'Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) par Raymond Queneau et François Le Lionnais, en 1960, le temps semble venu d'un retour théorique et critique - auquel ce volume apporte une contribution décisive. Dû à une équipe internationale de spécialistes du groupe, il entend en effet proposer un véritable «mode d'emploi » critique des pratiques d'écriture oulipiennes, envisagées au prisme d'une grande variété d'approches théoriques, le plus souvent tout à fait nouvelles.

    À un « ouvroir » théorique, déclinant les grandes questions de la théorie littéraire actuelle (pragmatique de la lecture, intermédialité, théorie du « genre », sociologie de la littérature, didactique...) succède une série d'approches génériques, reconsidérant à cette aune un corpus oulipien qui apparaît ainsi dans toute sa diversité - relevant aussi bien de la poésie, du roman, du théâtre, de l'autobiographie, de l'essai, de la traduction, de la littérature de jeunesse que de l'écriture radiophonique...

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