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Charles Ferdinand Ramuz

  • En 1900, Ramuz (1878-1947) a 22 ans et débarque à Paris, où il s'apprête à entamer des études en Sorbonne. Soixante ans plus tard, ce futur géant de la littérature se remémore son arrivée dans la capitale et ses premières impressions, avec une fraîcheur, une sensibilité et une précision intactes.
    Ces premières impressions parisiennes en rappellent d'autres, celles de Pierre Assouline, arrivé de Casablanca à Paris encore jeune lycéen, et pour l'occasion préfacier de Ramuz.

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  • Juliette, 19 ans, débarque de Cuba au printemps dans une communauté vigneronne petite et étriquée, prise entre lac et vignes ; et la quittera secrètement en août pour une destination inconnue. Elle a beau être la nièce du cafetier Milliquet, Juliette restera une étrangère, foncièrement différente des villageois, principalement par sa beauté mystérieuse. Sa présence éphémère au sein des habitants va modifier fortement leur quotidien. Car elle possède une sorte de don, de pouvoir magnétique d'attraction.
    Mais Juliette, en toute innocence, va diviser le groupe jusqu'au drame. Ce texte lie les thèmes de la beauté, de la solitude et du désir sexuel pour dire l'imperfection du monde.

  • Dans ce « tableau » de 1919 que sont Les Signes parmi nous, Ramuz peint un orage d'été qui fait croire à la fin du monde. En prévision de cette apocalypse lémanique, Caille, le colporteur biblique, répand une parole défaitiste. Mais le dernier mot appartient au couple de jeunes amoureux qu'anime une confiance toute humaine. Écrit à la fin de la Première Guerre mondiale, tandis que la grippe espagnole ajoute ses calamités aux malheurs du conflit, ce roman virtuose célèbre l'éternel recommencement de la vie.

  • Avec Taille de l'homme, Ramuz examine différentes formes d'organisations sociales pour souligner le caractère universel de la condition humaine, rendu plus évident à ses yeux par la mondialisation. Christianisme, bourgeoisie, communisme, matérialisme, autant de concepts que Ramuz déconstruit pour renouer, dans un mouvement néorousseauiste, avec une pensée proche de la nature, à taille humaine.
    « Qui sommes-nous encore dans notre taille, nous autres hommes ? Quelle est encore notre mesure, alors que l'univers est chaque jour et en tout sens plus minutieusement mesure´ ? »

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  • A travers ce roman particulièrement éclairant sur la condition humaine, C. F. Ramuz s'attaque à l'idéologie communiste et ultralibérale qui dénigrent délibérément la nature de l'homme. Car que va-t-on faire de tous ces hommes disposant de nombreuses heures de temps libre ? Nous allons les cultiver et les distraire, répond le monde moderne. Mais il parle bien de cultiver l'homme, et non de l'homme qui se cultive par lui-même. Cette culture est donc passive et n'a rien de vécue. Elle passe à côté des grands questionnements essentiels. Selon Bastien Veuthey, l'oeuvre de Ramuz est un signal à cette humanité qui n'a jamais autant écrit, qui n'a jamais autant lu, qui n'a jamais été autant cultivée mais qui n'a jamais été si « fausse » Passage du Poète, un roman ambitieux qui unifie la poésie et le sens de la vie en donnant la parole à des gens simple dans un décor magnifique,comme si la beauté et la spiritualité était enfin réconciliée. Passage du Poète a fait l'objet de versions légèrement différentes. En 1929, il a paru sous le titre de Fête des Vignerons. Pour cette édition, nous avons opté pour la version de 1941 parue chez Mermod et revue par l'auteur, et repris les notes de Michel Dentan publiées dans la Bibliothèque romande.

  • Ramuz - voilà un cas. Qu'un écrivain de cette dimension puisse être aussi méconnu, cela dépasse l'entendement. En Suisse, son pays d'origine, il est un monument historique. En France, de son vivant, il fut presque célèbre, et souvent mal compris (auteur « rustique », « romancier de la montagne », etc.) ; depuis sa mort (1947), il est peu réédité, peu lu. Il y a des absences dont on se console. Mais connaître Ramuz, c'est vouloir aussitôt le faire connaître. La Pléiade publie donc ses vingt-deux romans. Ils mettent en scène des paysans, la nature y est omniprésente, ils ne sont pas écrits en français standard : voilà pour la surface des choses - c'est elle qui a pu faire taxer Ramuz de régionalisme. Mais creusons un peu. Ramuz traite la nature comme Cézanne ses paysages : il la réduit à ses lignes de force, le pittoresque n'est pas son affaire. Sa montagne n'est pas moins réinventée que les collines mississippiennes de Faulkner. Ses paysans, dépouillés, « élémentaires », et à vrai dire fantasmés, il fait d'eux l'équivalent des rois de Racine : des hommes en proie à la fatalité. Ses sujets - l'amour, la mort, la séparation des êtres - sont ceux des tragiques : aussi universels qu'intemporels. Quant à sa langue, pure création, constamment rythmée, elle repousse les bornes de la syntaxe et sert une narration qui conduit le roman aux limites du genre : il « doit être un poème ». Ramuz étonne. Conformistes s'abstenir. Mais ce n'est évidemment pas un hasard si des écrivains aussi différents (et le mot est faible) que Claudel et Céline l'ont aimé. Pour qui attend du roman autre chose que l'éternelle répétition de modèles et de discours convenus, il sera une découverte majeure.

  • Ramuz - voilà un cas. Qu'un écrivain de cette dimension puisse être aussi méconnu, cela dépasse l'entendement. En Suisse, son pays d'origine, il est un monument historique. En France, de son vivant, il fut presque célèbre, et souvent mal compris (auteur « rustique », « romancier de la montagne », etc.) ; depuis sa mort (1947), il est peu réédité, peu lu. Il y a des absences dont on se console. Mais connaître Ramuz, c'est vouloir aussitôt le faire connaître. La Pléiade publie donc ses vingt-deux romans. Ils mettent en scène des paysans, la nature y est omniprésente, ils ne sont pas écrits en français standard : voilà pour la surface des choses - c'est elle qui a pu faire taxer Ramuz de régionalisme. Mais creusons un peu. Ramuz traite la nature comme Cézanne ses paysages : il la réduit à ses lignes de force, le pittoresque n'est pas son affaire. Sa montagne n'est pas moins réinventée que les collines mississippiennes de Faulkner. Ses paysans, dépouillés, « élémentaires », et à vrai dire fantasmés, il fait d'eux l'équivalent des rois de Racine : des hommes en proie à la fatalité. Ses sujets - l'amour, la mort, la séparation des êtres - sont ceux des tragiques : aussi universels qu'intemporels. Quant à sa langue, pure création, constamment rythmée, elle repousse les bornes de la syntaxe et sert une narration qui conduit le roman aux limites du genre : il « doit être un poème ». Ramuz étonne. Conformistes s'abstenir. Mais ce n'est évidemment pas un hasard si des écrivains aussi différents (et le mot est faible) que Claudel et Céline l'ont aimé. Pour qui attend du roman autre chose que l'éternelle répétition de modèles et de discours convenus, il sera une découverte majeure.

  • L'ouvrage comporte cinq textes rares de Ramuz qui aimait à se revendiquer Savoyard. On le rencontrera au fil du volume, jeune, en excursion sur la rive française du Lac Léman (Un coin de Savoie, 1909) ; randonneur avec des amis, sensible au mystère de l'eau et des sources de montagne (Le Voyage en Savoie, 1931). Puis, écrivain, dans une fiction apocalyptique, imaginant la fin du monde à cause d'un brutal réchauffement de la planète, disant adieu à sa « parenté » savoyarde « Salutation à la Savoie », 1922). Enfin, francophile, exprimant sa solidarité avec la France dans deux textes écrits à l'occasion des deux conflits mondiaux, « Pensée à la Savoie » (1915), et « Le Lac désert » (1942).

    Préface de Jean-Louis Pierre.
    Docteur ès lettres, Jean-Louis Pierre fonde, en 1980, l'Association des Amis de Ramuz ; il a consacré ses travaux à mieux faire connaître la vie et l'oeuvre du Vaudois. En 2012, il crée, avec quelques amis, les éditions de La Guépine.

  • Tout le mouvement de ce texte témoigne de la ferveur pressante avec laquelle Ramuz, alors âgé de quarante-neuf ans, convoque son enfance, la transporte au coeur du paysage, l'exalte dans le bouquet de ses aveux, la pousse au rappel du vécu, à la reconnaissance de la réalité, à la confirmation du sens - comme si l'homme avait besoin de ce témoignage pour savoir que vérité, beauté, communion existent puisqu'il les a rencontrées.
    Claude Louis-Combet

  • « L'enfant est donné à l'homme pour que l'homme s'instruise ; et l'enfant ne naît de l'homme qu'afin que l'homme naisse à lui-même. » Ému par la naissance de sa fille, puis de son petit-fils, Ramuz se livre dans ces pages magnifiques à de profondes réflexions sur la vie arrachée au néant et sur son difficile apprentissage. Et il se fait mystagogue pour initier son petit-fils à la beauté délectable du monde.

    Préface de Jean-Louis Pierre.
    Docteur ès lettres, Jean-Louis Pierre fonde, en 1980, l'Association des Amis de Ramuz ; il a consacré ses travaux à mieux faire connaître la vie et l'oeuvre du Vaudois. En 2012, il crée, avec quelques amis, les éditions de La Guêpine.

  • Conformisme

    Charles-Ferdinand Ramuz

    Un Ramuz qui dérange !

    Publié en 1931, cet article n'a pas vieilli.

    Comme l'écrit Jacques Chessex dans la préface, il « sonne comme une cloche qui ne cesserait de sonner l'alarme sur la place publique. Résumons-nous, il dérange ».

    Un texte de Ramuz sans concessions sur son pays, et qui annonce l'essai de 1937, Besoin de grandeur.

  • Il n'y a peut-être pas de livre de Ramuz qui soit plus représentatif de son genre que la Vie de Samuel Belet. Dans le déroulement de cette existence qui, par le chemin des passions et de la violence, aboutit au renoncement joyeux et à la paix de l'âme, Ramuz semble avoir fait tenir toute sa riche expérience humaine. Ce petit paysan suisse que l'amour et l'ambition arrachent à son milieu et à sa patrie - pour qui le désespoir n'est pas la leçon de l'échec, non plus que l'envie ne peut être celle de la pauvreté -, qui croit envers et contre tout à l'amour, à l'amitié et à la pureté, nous enrichit d'une leçon qui est la leçon même de l'oeuvre de Ramuz.
    Ce livre a le rythme même de la vie qu'il conte - une vie simple et pleine, dont l'effort est la grande loi, mais qui accueille également la passion dont la fatalité est aussi une grande loi de la vie de l'homme. Les fautes de Samuel Belet sont, comme ses vertus, nées du plus profond de lui-même ; elles sont, les unes et les autres, son expression complète. De là, le merveilleux équilibre de l'un des récits les plus humains qui soit tombé de la plume de Ramuz

  • Nous avons lié connaissance devant les choses et par les choses. De nouveau, je ne me souviens plus du tout de ce qui fut l'objet de la conversation: ce dont je me souviens très bien par contre, c'est de cette parfaite entente préliminaire dont le pain et le vin d'ici furent l'occasion. J'ai pu voit tout de suite, par exemple, Strawinsky, que vous aimiez comme moi le pain quand il est bon, le vin quand il est bon, le vin et le pain ensemble, l'un pour l'autre, l'un par l'autre. Ici commence votre personne et du même coup commence votre art : c'est à dire vous tout entier; je me suis acheminé à cette connaissance dite intérieure, par le plus extérieur, le plus terrestre des chemins.

  • Laissons de côté toute prétention à une « littérature nationale » : c'est à la fois trop et pas assez prétendre. Trop, parce qu'il n'y a de littérature, dite nationale, que quand il y a une langue nationale et que nous n'avons pas de langue à nous ; pas assez, parce qu'il me semble que, ce par quoi nous prétendons alors nous distinguer, ce sont nos simples différences extérieures. On les a si souvent énumérées qu'il serait inutile d'y revenir ici. Qu'on oppose notre régime politique, notre religion ou notre morale à celui ou celles des pays voisins, ce ne voir toujours que l'objet « en soi ». Et notre chemin va dans l'autre sens.
    C.-F. Ramuz

  • Réédition de deux textes de l'écrivain suisse français Charles-Ferdinand Ramuz inspirés par l'oeuvre de Paul Cézanne.
    A propos de l'artiste « solitaire malgré lui «, Ramuz exprime son admiration par des textes de correspondance poétique à l'écoute de la grande leçon de la nature. La relation entre l'ordre intellectuel et celui du sentiment à l'intérieur de l'oeuvre maitrisée par Cézanne fascine l'écrivain suisse qui aime la force intime et la sincérité touchante de Cézanne. La prose poétique de Ramuz accompagne l'exemple de l'artiste précurseur à la conquête de la simplicité.
    Pour la première fois l'édition est illustrée par un choix de dessins et d'aquarelles de Cézanne. L'introduction aux textes de Ramuz est confiée à Daniel Maggetti de l'Université de Lausanne, responsable de l'édition critique de Ramuz parue chez Payot.

  • Publié chez Grasset en 1926, La Grande Peur dans la montagne est un des premiers textes de Ramuz que le grand public français a découvert. Cette célèbre chronique montagnarde est un étonnant roman de l'angoisse face au mal, un récit qui s'empare d'une situation réaliste - un village de montagne, un pâturage délaissé en raison d'un prétendu mauvais sort, la vie à l'alpage, une maladie qui décime le troupeau - pour le colorer de fantastique et de légendaire. Superbe illustration de la fragilité de l'homme, de la force de l'amour et de la puissance de l'écriture.

  • "Besoin de grandeur" constitue une synthèse de plusieurs livres parus dans l'entre deux guerres avec des titres significatifs. "Taille de L'homme", "La Main", "Remarques", "Questions". Avec un sens du réalisme qui lui est propre C.F. Ramuz analyse comment l'Histoire et la Géographie ont forgé notre destin. Un petit pays qui a la sagesse de ne pas vouloir jouer dans la cour des Grands car il a dû pour survivre développer le sens de la mesure et des particularismes. "Besoin de grandeur" est un livre où les questions existentielles sont savamment posées. La réponse n'est pas une nécessité mais une approche de la vérité qui se profile dans le futur.

  • Je suis né en 1878, mais ne le dites pas.
    Je suis né Suisse, mais ne le dites pas. Dites que je suis né dans le Pays-de-Vaud, qui est un vieux pays Savoyard, c'est-à-dire de langue d'oc, c'est-à-dire français et des Bords du Rhône, non loin de sa source. Je suis licencié-ès-lettres classiques, ne le dites pas. Dites que je me suis appliqué à ne pas être licencié-ès-lettres classiques, ce que je ne suis pas au fond, mais bien un petit-fils de vignerons et de paysans que j'aurais voulu exprimer.
    Mais exprimer, c'est agrandir. Mon vrai besoin, c'est d'agrandir...

  • Aline, dix-sept ans, se laisse entraîner dans un amour qui l'arrache à la vie modeste qu'elle mène avec sa mère. Mais Julien, fils de bonne famille, ne tarde pas à se lasser. Lorsqu'elle lui annonce attendre un enfant, il n'a qu'une réponse - « Eh bien, tu n'es qu'une grosse bête ; ça ne me regarde plus » - et noue la tragédie. Inoubliable premier roman, "Aline" a la force et la singularité de l'oeuvre à venir. S'il situe son histoire dans la campagne vaudoise, Ramuz touche déjà à l'universel. Surtout, il bouscule la langue et bouleverse la littérature. La présente édition contient "Adieu à beaucoup de personnages"(1914), qui met un terme au premier pan de l'oeuvre.

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  • Un soldat revient de guerre, et se distrait en jouant du violon. Lorsqu´il rencontre le Diable dans la personne d´un vieillard, sa destinée bascule. Que choisir: la richesse, l´âme, le pouvoir, l´art? Son violon devient un symbole de l´âme et une monnaie d´échange pour accéder à la richesse ou encore à l´amour, quand la princesse tombe malade et que le roi la promet en mariage à celui qui saura la guérir.Après de multiples rencontres avec le Diable, le soldat saura-t-il résister au désir de liberté et d´inconnu et se garder de tomber du côté des ténèbres ? Cette histoire emprunte au mythe de Faust où, comme dans la légende d´Orphée, la musique a droit de vie ou de mort.L´Histoire du soldat, issue d´un conte populaire russe, est publiée à l´occasion du centenaire de l´oeuvre écrite par Ramuz et mise en musique par Stravinsky.Cet ouvrage comprend une seconde partie composée d´un appareil critique écrit par Georges Schürch, Alain Rochat et Philippe Girard.

  • Derborence, un beau pâturage vert, peuplé pendant l'été de troupeaux et de bergers. Mais cette nuit-là, le 22 juin, un pan du massif des Diablerets s'est effondré sur les hommes et les bêtes, transformant le site en un paysage de désolation.

    Lorsque Antoine, le seul rescapé, réapparaît sept semaines plus tard, les habitants du village le prennent pour une âme égarée: poussé par le diable, vient-il rechercher des vivants? Retournera-t-il auprès des morts ou se laissera-t-il convaincre par sa jeune épouse de revenir à la vie?

    Derborence, oeuvre de maturité et roman le plus populaire de C. F. Ramuz, écrit en 1934. Histoire merveilleuse des relations entre l'homme et la montagne.

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